En visite au Mexique, Emmanuel Macron interrogé sur la restitution de codex détenus en France
Des échanges « dans le bon sens »
Depuis 2018, la gauche, qui dirige le Mexique, demande à plusieurs pays européens la restitution de son patrimoine conservé dans leurs musées. Le Mexique réclame en particulier des manuscrits à la France, qui détient la deuxième collection la plus importante au monde de codex. Les deux pays ont conclu un accord pour des prêts provisoires de deux d’entre eux lors d’expositions croisées : la France prêtant au Mexique le codex colonial Azcatitlan, détenu depuis 1898 par la Bibliothèque nationale de France, en échange du codex aztèque Boturini, conservé à Mexico et qui sera exposé dans un musée français. Les Mexicains n’ont pas obtenu un rapatriement mais considèrent que les premiers échanges « vont dans le bon sens ». Les deux pays ont annoncé qu’un comité, présidé côté français par Jean-Luc Martinez, ancien président du Louvre et ambassadeur pour le patrimoine, se réunit depuis septembre sur cette question. Dans le cas du codex Borbonicus, qui se trouve à la bibliothèque de l’Assemblée nationale, il est réclamé par le peuple Nahñu, qui a fait cette démarche auprès des députés « insoumis » en 2023. Un projet de loi des députés LFI Sophia Chikirou et Arnaud Le Gall pour restituer ce codex n’a pas encore été présenté en séance, mais Eric Coquerel s’est rendu en septembre dans l’Etat mexicain d’Hidalgo pour s’engager devant le peuple Nahñu à poursuivre les démarches. Emmanuel Macron a plaidé pour « dépassionner ce débat qui a pu être empreint de tension » et a promis de poursuivre la lutte contre le trafic illicite de biens culturels mexicains, notamment leur vente lors d’enchères à Paris. L’après-midi du président a été consacré à l’agenda économique. Le Mexique est le premier investisseur latino-américain en France et près de 700 entreprises françaises y sont installées – « toutes celles du CAC40 », a précisé M. Macron. La presse mexicaine a retenu de cet échange avec les chefs d’entreprise la remise, par le président français, de la Légion d’honneur à l’homme le plus riche du pays, Carlos Slim.