La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, meilleure VRP du « huipil »
Des crédits bancaires sans intérêts pour les artisanes
Claudia Sheinbaum n’est pas la première femme politique mexicaine à porter des huipiles. Beatriz Paredes, une figure du Parti révolutionnaire institutionnel, ou Xochitl Galvez, candidate de droite battue à la présidentielle de 2024, les utilisent depuis des années. Mais la cheffe de l’Etat expose ces tenues deux heures tous les matins, lors de sa conférence de presse quotidienne à 7 h 30, retransmise en direct sur YouTube. Interrogée sur son classement parmi les personnes les plus élégantes, elle a confié sa « fierté de voir l’artisanat des femmes indigènes mis en valeur, et non les marques occidentales. Avant, c’était le contraire ». La présidente a créé, en janvier 2025, un programme spécifique pour les artisanes indigènes et afro-mexicaines, qui faisait partie de ses 100 premiers engagements. Il s’adresse à ces femmes qui n’avaient jamais eu accès à un crédit bancaire. Le prêt est sans intérêts, avec des échéanciers de remboursement longs et adaptables. « Notre contrat avec vous est basé sur la confiance. Nous n’avons besoin que de votre parole, parce que la parole d’une femme indigène vaut plus que n’importe quelle signature », avait dit Claudia Sheinbaum en présentant le programme dans l’Etat du Guerrero. Selon le gouvernement, l’immense majorité des 11 000 femmes qui ont bénéficié de ces « crédits à la parole » en 2025 dépendent d’intermédiaires pour vendre leur production. Le programme mis en place par l’Etat donne donc aussi accès à des facilités pour la commercialisation. L’objectif est de garantir un prix juste, en écoulant la production dans les boutiques des musées mexicains. Le ministère de la culture, par ailleurs, a ouvert six boutiques d’artisanat dans le pays, dont quatre à Mexico. La plus imposante se trouve à 200 mètres du palais présidentiel et face aux ruines du Templo Mayor, les derniers vestiges de la capitale des Aztèques. Douze métiers artisanaux sont présentés aux touristes dans ce palais néoclassique du début du XIXe siècle. « Cet espace n’est pas seulement un lieu de vente. Il est une pièce d’une politique beaucoup plus vaste pour sauver l’art indigène, et particulièrement celui des femmes, qui est le plus en danger », a assuré Claudia Curiel de Icaza, la ministre de la culture, lors de l’inauguration de la boutique, en décembre 2025, peu de temps après le prix d’élégance décerné à Claudia Sheibaum par le New York Times. Ce soir-là, tout le monde se réjouissait que la présidente soit devenue la meilleure VRP du huipil mexicain.