Globo, la biscotte culte

  • 3 min
  • Mis à jour le : 31 mars 2026
  • Par Olivier Bodart

Pour les Brésiliens, et surtout pour les Cariocas, la biscotte Globo est bien plus qu’un en-cas. Cet anneau de farine de manioc accompagne leur quotidien et les plongent dans leurs souvenirs d'enfance. La biscotte fait quasiment partie des familles brésiliennes et a même sa propre biographie écrite ! Focus sur le plus craquant des éléments du patrimoine culinaire brésilien.

 

Globo, emblème de Rio de Janeiro

Sur les plages de Copacabana ou d’Ipanema, il suffit de poser votre serviette pour entendre, quelques minutes plus tard, les cris d’un vendeur ambulant prononcer les 5 lettres magiques : « G-L-O-B-O ! o biscoito Globo ! ». Souvent accompagné d’un maté glacé, le biscuit ne fond pas, ne colle pas et ne s’abîme pas sous la chaleur. Bref, c'est le snack officiel de la plage, validé par des générations de Cariocas. Dans les embouteillages, même scénario : un vendeur surgit entre deux voitures comme par magie, brandissant le fameux paquet jaune. Le slogan reste inchangé : « G-L-O-B-O ! o biscoito Globo ! ». En séjour à Rio, soyez sûr de trouver les célèbres biscuits partout. Absolument partout.

Une plage de Rio bordée de palmiers et un sachet de Globo sur le sable
© Marta Nascimento/Réa - © Olivier Bodart

Le premier contact avec un paquet de Globo surprend toujours par sa légèreté. À l’intérieur, neufs petits anneaux se répartissent le poids de 30 grammes. Pas un de plus. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle aussi, la « biscotte du vent ». Vient ensuite son parfum… ou plutôt son absence de parfum, un détail qui plaît beaucoup aux Brésiliens. Le croquant, lui, ne laisse personne indifférent. Les Globo existent en version sucrée (paquet rouge) ou salée (paquet vert).

Si les Cariocas en raffolent, certains voyageurs restent perplexes. Le goût, presque neutre, peut sembler un peu fade à ceux qui s’attendent à un snack plus gourmand, à l’image de la cuisine brésilienne. Mais mieux vaut éviter de le dire trop fort : les Cariocas sont très attachés à leur biscuit fétiche et pourraient vous regarder avec un brin d’incompréhension.

La saga de la biscotte Globo

D’où vient la fameuse biscotte ? En 1953, trois frères espagnols – Milton, Jaime et João Ponce – travaillent dans une boulangerie de São Paulo. Ils y mettent au point une nouvelle recette de biscotte à base de farine de manioc, loin d’imaginer qu’elle changerait leur destinée.

Mais d’où vient le nom Globo ?

Le nom Globo est à la fois un clin d'œil à l'une des boulangeries acquises par Milton et au journal carioca O Globo. Le logo de la marque, un petit bonhomme grossièrement dessiné est emprunté aux pages cinéma de ce même journal O Globo.

Un an plus tard, ils profitent d’un congrès eucharistique à Rio pour tester leur création auprès du grand public. Le succès est immédiat. Ils s’installent alors dans la ville, ouvrent leur propre boulangerie, puis créent Panificação Mandarino, l’entreprise qui donnera naissance au biscuit Globo tel qu’on le connaît. Très vite, le biscuit devient un incontournable du quotidien carioca, au même titre que les tongs Havaianas ou que le football.

En 2016, pendant les Jeux olympiques de Rio, un journaliste du New York Times ose qualifier le Biscoito Globo de snack « sans goût ». Sacrilège. Les Cariocas montent au créneau et inondent les réseaux sociaux avec le hashtag #somostodosbiscoitoglobo (« Nous sommes tous le biscuit Globo »). Ils défendent leur biscuit avec passion et humour, en taclant au passage la gastronomie américaine... et le bretzel qui a failli tuer George W. Bush en 2002.

Ironie de l’histoire : pour la marque, c’est une bénédiction. Marcelo Ponce, fils du fondateur, remercie même le journal américain en expliquant que jamais une critique n’avait fait autant parler du biscuit. Résultat : Globo devient encore plus culte.
Aujourd’hui, ce sont près de 15 000 petits sacs qui sortent des fours chaque jour afin de satisfaire les petites faims.