Un grand week-end à Rio

  • 7 min
  • Mis à jour le : 10 juin 2026
  • Par Olivier Bodart

Passer un week-end à Rio de Janeiro, c’est se plonger dans une ville où le soleil, la mer et la musique dictent le tempo. En deux jours seulement, on peut goûter à l’essentiel : les balades au bord de mer, les conversations sur la plage, les activités en plein air, la samba qui résonne au coucher du soleil et cette douceur de vivre qui fait la réputation de la Cidade Maravilhosa. Voici comment profiter d’un week-end à Rio comme un Carioca.

Jour 1

Un samedi à Rio : sport et samba

8 h

Matinée sportive à Copacabana

Beaucoup de Cariocas se lèvent aux aurores pour entamer le week-end du bon pied. Soucieux de leur santé et de leur apparence, ils pratiquent le sport avec assiduité. Comme eux, je commence la journée dès potron-minet par un footing le long de la plage sans oublier de m’arrêter aux infrastructures sportives ponctuant le trajet. Tractions, pompes, abdos… Toutes les parties du corps sont sollicitées ! Pour exposer un corps parfait, les Brésiliens ne reculent devant aucun sacrifice.

La session de sport matinale est presque un rituel social : on se salue d’un signe de tête, on échange quelques mots, on encourage un inconnu qui termine une série de tractions. Le sport n’est pas seulement une activité physique, c’est une manière de se connecter aux autres pendant un voyage au Brésil.

Après l’effort, le réconfort. Je rejoins mes amis sur la plage de Copacabana. Au programme : récupération, bronzage, papotage… Les conversations vont bon train : on parle du match de football de la veille, des projets du week-end ou simplement de la vie. Les vendeurs ambulants passent en criant « Mate ! Biscoito Globo ! » deux symboles absolus de la plage carioca.

Quelle est la meilleure période pour partir à Rio de Janeiro ?

Les meilleurs mois pour visiter Rio sont de mars à juin et d'octobre à décembre : il fait chaud sans excès et la fréquentation touristique reste raisonnable. En janvier-février, les températures grimpent jusqu'à 35 °C. Les mois de juillet-août sont plus frais (autour de 22 °C) et la température de la mer descend à 19 °C.

 
Composition de trois photos. En haut, une cuisinière prépare des pasteis (chaussons frits à la viande, au fromage ou aux crevettes), à se partager une fois à table. En bas, c'est l'heure du sport, non loin de Copacabana, avec les haltères misent à disposition sur la plage.
© Marta Nascimento/Réa
12 h

Les meilleures spécialités de Rio

L’ambiance est décontractée, l’atmosphère est aux sourires et l’insouciance prend rapidement le dessus jusqu’à ce que quelqu’un crie : « Vamos lá, está na hora ! » (On y va, c’est l’heure !).

Aux alentours de midi, les estomacs commencent à gronder et les rues résonnent du claquement des tongs. C’est l’heure de déjeuner.

Les plus raisonnables en séjour à Rio opteront pour une salade composée, un jus de fruits de saison fraîchement pressé ou un bowl healthy d’açaí, le « fruit national » cultivé en Amazonie. De leur côté, les plus gourmands rejoignent les bars de quartier, où l'on sert des plats brésiliens gourmands à toute heure du jour. Ici, pas de chichi !

Les commandes de bolinhos de bacalhau (boulettes de morue frites) d’aipim frito (manioc frit) et de pasteis (chaussons frits à la viande, au fromage ou aux crevettes) affluent de tous les côtés. Les serveurs ne savent donc plus où donner de la tête et foncent de table en table pour servir tout le monde. Les plats sont ensuite placés au centre de la table. Chacun se sert ainsi dans toutes les assiettes et l’addition est divisée en parts égales.

L’ambiance est décontractée, l’atmosphère est aux sourires et l’insouciance prend rapidement le dessus jusqu’à ce que quelqu’un crie : « Vamos lá, está na hora ! » (On y va, c’est l’heure !).

17 h

Coucher de soleil à Arpoador

L'heure de quoi, me direz-vous. Mais l'heure de commencer la soirée pardi ! D'ailleurs la foule se presse déjà sur l’imposant rocher d’Arpoador qui sépare la plage de Copacabana de celle d’Ipanema. Tout le monde a les yeux braqués vers l’horizon. À Rio de Janeiro, le coucher de soleil est un événement. On vient donc tous les jours contempler ce spectacle, et même l’applaudir !

Certains restent discuter sur la plage, d’autres, comme moi, prennent la direction d’un boteco, ces bars populaires qui prolongent littéralement la rue et où l’on vient tel qu’on est, même encore couvert de sable et les cheveux salés. On y commande un chopp bien glacé, qui perle aussitôt sous la chaleur, et on partage des petiscos, ces tapas brésiliennes à partager. L’atmosphère est détendue, vivante, jamais guindée. Un lieu bruyant et chaleureux où l’on boit, où l’on grignote, où l’on rit fort, et où l’on refait le monde sans jamais regarder l’heure.

Quelle est la différence entre un chopp et une ceveja ?

La cerveja désigne la bière en bouteille ou en canette. Dans les botecos, on commande le plus souvent de grandes bouteilles de 600 ml, servies dans un seau rempli de glace afin de rester parfaitement fraîches. Le chopp est la bière à la pression. Comme pour la cerveja, elle est servie dans de petits verres qui se vident vite, pour la boire toujours glacée.

22 h 

Samba dans le quartier de Lapa

À mesure que la nuit s’installe, Rio de Janeiro change de rythme. Les bars commencent à monter le volume, les conversations se mêlent à la musique, et la ville glisse doucement vers une ambiance plus festive. Beaucoup choisissent de rester dans les établissements proches des plages, mais pour vivre la nuit carioca dans toute son intensité, il faut se rendre du côté de Lapa, le quartier emblématique de la fête.

Lapa est un véritable tourbillon. Ses rues colorées, dominées par les arches blanches de l’Aqueduc, vibrent au son des musiques brésiliennes qui s’échappent des bars où la musique live est omniprésente. Ici, la fête déborde littéralement sur le trottoir. La samba résonne dans les rodas, ces cercles de musiciens entourés d’un public enthousiaste ; le pagode, plus pop et festif, attire des groupes d’amis et le funk brésilien apporte une énergie plus moderne et urbaine. Chacun y trouve son bonheur et se laisse porté par les mélodies entrainantes.

Une de mes adresses préférées est le Rio Scenarium. Ce vaste bar, réparti sur 3 étages et décoré d’objets anciens, propose chaque soir des concerts qui attirent aussi bien les locaux que les visiteurs. L’endroit est devenu une institution, un passage presque obligé pour comprendre l’esprit festif de Rio et du Brésil en général.

Un couple danse la samba.
© Marta Nascimento/Réa
Jour 2

Un dimanche à Rio : douceur et découverte

11 h 

Matinée de farniente

Le dimanche matin, la grasse-matinée est de rigueur après les festivités de la veille. Pour bien commencer la journée, rien de tel qu’un jus de noix de coco fraîchement ouverte acheté dans l’un des petits stands de rue. Cela remet les idées de la veille en place et offre un regain d’énergie ! Et il en faudra pour profiter de la journée.

Le week-end, les activités en plein air sont mises à l’honneur à Rio de Janeiro. Les larges avenues qui bordent les plages de Copacabana, Ipanema et Leblon sont fermées à la circulation. Elles se transforment alors en pistes pour pratiquer le skate, le roller, la trottinette électrique, le vélo ou encore fois, le footing.

De mon côté, je prends le temps de longer la plage d'Ipanema à mon rythme, de m’arrêter pour regarder une partie de frescobol — un jeu brésilien où les joueurs se renvoient une balle avec des raquettes en bois — avant de m’installer sur le sable et de me laisser tenter par une baignade. Le dimanche à Rio invite vraiment à ralentir et à savourer l’instant.

Des passants longent la plage d'Ipanema, le téléphérique du Pain du Sucre en fond.
© Marta Nascimento/Réa
13 h 

Brunch au marché Cobal Humaita

Bonne nouvelle pour les cyclistes du dimanche ou de tous les jours : un service de locations de vélos en libre-service existe à Rio de Janeiro. Reconnaissables à leur couleur orange, ils portent le petit nom d’Itaú. Je pédale en direction de la Cobal d’Humaitá. Dans ce marché semi‑couvert se côtoient marchands de fruits, bars et restaurants variés. C’est un secret bien gardé des Cariocas, avec encore peu de touristes.

On peut y découvrir des bières artisanales brésiliennes ou profiter de l’ambiance en observant le va-et-vient des habitués. Les soirs de match de football, l’ambiance est à son comble. La Cobal d’Humaitá est l’un de ces lieux où l’on sent battre le cœur de Rio : un mélange de simplicité, de convivialité et de diversité qui donne envie de s’attarder ne serait‑ce que pour admirer, entre deux conversations, la statue du Christ Rédempteur qui veille sur le marché.

18 h 

Un dernier verre à la Cobal Humaita

Pour terminer le week-end dans la Cidade Maravilhosa en beauté, je rejoins un bar près de la Cobal pour une dernière samba. Devant le bar, une roda de samba s’improvise. Les musiciens jouent au milieu du public, et tout le monde participe : on tape dans les mains, on chante les refrains, on danse... C’est là, dans ces instants suspendus où la musique rassemble que se résume l’esprit de Rio : la joie spontanée, la chaleur humaine, et ce talent qu’ont les Cariocas de transformer chaque week-end en fête.

Composition de deux photos de bar à Rio.
© Marta Nascimento/Réa

Mes adresses pour un séjour « vie locale » à Rio

Plages de Copacabana et d'Ipanema
Rio Scenarium : R. do Lavradio, 20 - Centro
Cobal d'Humaita : R. Voluntários da Pátria, 446, Botafogo