Petit point sur le bindi
Pendant un circuit en Inde, difficile de ne pas remarquer ce point rouge posé au centre du front des Indiens et Indiennes. Appelé bindi, il fait à la fois office de symbole religieux, d'accessoire de mode et de témoin du bonheur domestique. Jérôme en explore ici les significations et les usages.
Les formes du bindi
Le bindi (issu du sanscrit bindu, la « goutte ») représente traditionnellement le troisième œil mystique. Petit ou large, rouge, noir ou blanc, il peut aussi prendre l’allure d’une flamme, d’une ligne verticale ou d’autres motifs plus créatifs. En voyage en Inde, vous en verrez de toutes les formes et toutes les couleurs.
Le bindi est positionné entre les sourcils, au centre du front, une zone considérée comme l’emplacement du sixième chakra. Dans la tradition hindoue, ce chakra est celui de la conscience intérieure, de l’intuition et de la sagesse spirituelle.
À l'origine, le bindi était appliqué avec de la poudre de kumkum, généralement obtenue à partir de curcuma. Modernité oblige, il est de plus en plus souvent remplacé par des autocollants.

La place du bindi en Inde
Cet ornement n'a pas la même signification selon que l'on se trouve dans le Nord ou le Sud du pays. Au Sud de l’Inde, le bindi est devenu un accessoire de mode en vogue, les femmes l’assortissent à leur sari. Comme dans les histoires d'amour du cinéma bollywood, les jeunes célibataires les utiliseraient quant à elles comme un philtre d'amour pour ensorceler leurs prétendants.
Si vous prévoyez de partir en Inde du Nord, il est bon de savoir que le bindi a une signification plus importante, puisqu’il distingue les femmes mariées et fiancées. En cas de décès de leur conjoint, elles n'ont plus le droit de le porter. Les hommes aussi portent cette marque, appelée également tilak, après la prière, lors d'un mariage, ou pour signifier leur appartenance religieuse. In fine, vous l'aurez compris, un peu tout le monde et pour toutes sortes de raisons différentes, porte cet ornement si caractéristique de la culture indienne.
D’autres symboles du mariage en Inde En Inde, le bindi n’est pas le seul marqueur de l’union. Le sindoor, poudre rouge appliquée par le mari le jour du mariage le long de la raie des cheveux, est réservé aux femmes mariées. Les veuves cessent de le porter, ce qui en fait un marqueur fort du statut marital. Autre symbole plus discret : l’anneau d’orteil, appelé bichiya. |

Le bindi entre héritage et réinvention
Le bindi connaît une véritable renaissance. Des créatrices indiennes le réinventent comme un objet artistique à part entière. Par exemple, la maque The Bindi Project créée par Meghna Khanna propose des bindis élaborés, fabriqués à partir de cuir recyclé ou de chutes de tissage à la main issues d’ateliers locaux. Un souvenir original à ramener de votre voyage Inde. Chaque pièce est unique et pensée comme un manifeste : celui d’une tradition vivante, durable et assumée.
Parallèlement, le bindi a dépassé les frontières de l’Inde. Gwen Stefani, Julia Roberts ou encore le rappeur Lil Uzi Vert ont contribué à populariser cet ornement, non sans controverse. Pour certains leaders religieux hindous, le bindi conserve une portée sacrée qui ne devrait pas être réduite à un simple accessoire de mode. D’autres voix, comme celle de l’actrice indienne Priyanka Chopra, y voient au contraire une forme d’hommage et d’ouverture culturelle.