L'ascension du rocher de Sigiriya
Comme tout passionné du Sri Lanka, je suis passé par le triangle culturel. Formé par les les cités de Kandy, Anuradhapura et Polonnaruwa au centre du Sri Lanka, le triangle culturel concentre les fleurons du patrimoine local. Parmi ces derniers : les ruines de la ville de Sigiriya, inscrites sur la liste du patrimoine de l'Unesco, se déploient au sommet d'un rocher couleur terre de Sienne, haut de 180 mètres. Et ce matin, c'est décidé : je me lance dans son ascension, l'une des expériences à ne pas manquer à l'occasion d'un premier voyage.
Dans les jardins de Sigiriya
Concrètement, la visite démarre de la plus agréable des façons. Vous longez l'allée centrale bordée de bassins et de canaux artificiels, qui irriguent les majestueux jardins royaux à la symétrie parfaite. On se croirait dans une version tropicale des jardins de Versailles ! Après cet étonnant décor tiré à quatre épingles, vous pénétrez ensuite dans une épaisse jungle aux contreforts du rocher. Ici sont disséminés d’immenses blocs de pierre et quelques grottes, dont la célèbre « Tête de cobra » qui doit son nom à la forme du rocher qui la surplombe. Les premiers escaliers en pierre d’époque vous mènent très vite aux parois vertigineuses du rocher de Sigiriya. C’est là que les choses sérieuses commencent…

Les mystérieuses Demoiselles
Deux cages d’escaliers grillagées en colimaçon (une pour monter, et une pour descendre) vous attendent pour grimper jusqu'à la fameuse galerie des Demoiselles de Sigiriya. Nichée dans une étroite cavité de la paroi abrupte à plus de 150 mètres de haut, elle abrite des peintures murales d'une beauté et d'une finesse époustouflantes.
Une dizaine de ces fresques datant du Ve siècle sont encore parfaitement préservées. Le mystère entourant cette improbable galerie reste entier, car il n'existe aucune trace d'aménagement pour y accéder. Comment des peintres pouvaient-ils se rendre dans un endroit aussi inaccessible et dangereux pour travailler ? Qui pouvait bien venir admirer ces œuvres ? Difficile de répondre… Que cela soit pour descendre ou monter, cette étape peut être effrayante pour ceux qui ont le vertige.
La plate-forme du lion
À flanc du rocher au-dessus du vide, une série de passerelles vous conduit jusqu'à un immense escalier de pierre aux marches irrégulières. Il mène jusqu'à une plate-forme où vous pouvez admirer de monumentales pattes de lion. Elles constituent les seuls vestiges de la gigantesque sculpture de lion qui gardait jadis l'entrée du palais. Malheureusement, c'est ici que pour certains la visite s'arrête…

Le lion et le Sri Lanka, un lien qui a traversé les siècles Endommagée au fil des siècles, la sculpture du lion, symbole de puissance et de royauté, était autrefois bien plus impressionnante. Les visiteurs devaient passer par sa gueule pour accéder à la forteresse située au sommet du rocher. Aujourd'hui encore, la symbolique du lion conserve une place importante au Sri Lanka. On retrouve par exemple le lion cinghalais sur le drapeau, reflet de la souveraineté nationale. |
En route vers le sommet
Après quelques marches taillées dans le roc, un escalier métallique pour le moins rudimentaire grimpe quasiment à la verticale jusqu'au sommet qui se trouve à quelque 170 mètres plus haut. Aucune sécurité particulière de prévue, si ce n'est une simple rampe à laquelle vous accrocher. Facile pour les uns, terrifiante pour les autres, en tous les cas, aucun accident n'a été jusqu'ici à déplorer.
Comptez une dizaine de minutes pour atteindre le sommet. Au bout de l'effort, la récompense : une vue époustouflante sur la jungle, les lacs, les montagnes dont le célèbre pic d'Adam au loin, et le fameux grand réservoir à plus de dix kilomètres qui servait à acheminer l'eau jusqu'au rocher. Du palais d'antan, il ne reste plus que quelques pans de murs, la piscine du roi parfaitement conservée, les vestiges des jardins en terrasses rectilignes et leur ingénieux système d'irrigation. Il n'en faut pas plus pour imaginer ce que pouvait être la vie dans ce palais suspendu entre ciel et terre… Un moment magique qui vaut bien quelques frayeurs !
Pour clôturer cette journée, ne manquez pas l'opportunité de visiter le musée de Sigiriya. On y découvre des artefacts rares, des expositions interactives et des informations détaillées sur la construction du site.

Préparer son ascension du rocher de Sigiriya
Équipement : chaussures de randonnées à semelles antidérapantes ; petit sac à dos (15-20 litres) ; crème solaire à haut indice de protection ; lunettes solaires et chapeau ; vêtements légers (éviter les shorts courts et débardeurs échancrés par respect pour la population)
Nourriture et boisson : vivres de course (bien emballés pour éviter d'attirer les singes) et eau en quantité (1,5 litre minimum)
Difficulté : éprouvant pour le vertige (ascension de 1 200 marches)
Horaires : tous les jours de 5 h 30 à 18 h
Tip : optez pour une ascension en tout début de matinée ou en fin d'après-midi pour éviter les grosses chaleurs
Tarifs 2026 : 35 USD
Site utile : https://sigiriyafortress.com/