Felouque, dahabieh ou sandal ?
Laissez-moi deviner : vous avez lu le titre de l'article et vous vous attendez à tout découvrir sur les chaussures « tendance » aux pieds des Égyptiens. Eh bien, non ! En revanche, vous vous apprêtez à devenir des experts en navigation fluviale, et vous pourrez distinguer les différents bateaux qui glissent le long du Nil. Excellente nouvelle, puisque vous allez maintenant pouvoir prodiguer des bons conseils à ce couple d'amis qui vous parle sans cesse de leurs plans de croisière sur le Nil.
Les Égyptiens ont toujours respecté la puissance du Nil, fleuve-roi qui a permis à leur civilisation de prospérer. Depuis l’Antiquité, ils ont appris à tirer parti du vent du Nord, qui souffle presque toute l’année, et du courant du fleuve, qui descend vers la Méditerranée. De cette maîtrise sont nées les embarcations nilotiques. Grâce à leur agilité, il était possible de remonter le fleuve et d’explorer toutes les régions propices à l'expansion de leur culture, rendues fertiles par les nombreuses crues du Nil.
Au fil de l’eau, les fonctions strictement commerçantes ont disparu pour laisser place à des voyages de plaisance. Aujourd’hui, on opte pour une dahabieh, un sandal ou une felouque pour découvrir le Nil de manière authentique et plus respectueuse de l’environnement.
La dahabieh, un luxueux hôtel flottant
Tout ce qu'il faut savoir sur les dahabieh, c'est leur nom qui nous l'apprend. Ce mot égyptien est dérivé d'un adjectif arabe qui signifie « doré ». Ces bateaux à voile étaient jadis décorés avec des ornements brillants rappelant l’or, car ils servaient à transporter des voyageurs de prestige.
La révolution du tourisme Avant l’ouverture du canal de Suez en 1869, les Européens naviguaient principalement à bord de dahabieh. Puis, Thomas Cook, entrepreneur britannique, sentant que l’Égypte était une destination en devenir, organisa les premiers voyages sur le Nil à bord de steamers qu’il louait. En 1879, la compagnie Thomas Cook & Sons acquiert ses propres bateaux à vapeur, marquant le début des croisières modernes sur le Nil. La célèbre écrivaine Agatha Christie a d'ailleurs participé à une croisière à bord du Steam Ship Sudan, expérience qui inspira l’atmosphère de Mort sur le Nil. |

Aujourd'hui, ces bateaux à deux voiles latines, conservent un charme irrésistible. À bord de ces élégants vaisseaux, on peut profiter d'une croisière sur le Nil en toute intimité – garantie par des cabines qui disposent de leur propre salle de bains –, d'un décor soigné et d'un programme souple qui s'adapte aux envies des passagers.
En flânant sur le pont supérieur, on admire les eaux placides du Nil se teindre en rouge lorsque le soleil se couche sur ses vagues ou bien l’on observe canards, ibis et cigognes faire leur apparition sur les berges.

Le sandal, une expérience authentique
À l’origine ces embarcations, souvent renforcées par des pièces métalliques, étaient conçues pour transporter des charges lourdes comme la pierre ou le bois destinés aux chantiers des bâtiments et des temples. Leur fond plat leur permettait de naviguer dans les eaux peu profondes et d’accoster facilement. Ce qui en faisait un bateau de travail essentiel pour l’économie de l’Égypte.
Plus massifs et moins luxueux, les sandal sont d’excellents bateaux à voile pour un voyage en Égypte. Très souvent, les sandal n'acceptent que très peu de voyageurs en raison de leur espace limité : en famille, vous avez donc de fortes chances que votre sandal devienne un bateau privé. Et pas d'inquiétudes : si les conditions météo se montrent défavorables, ces petits bateaux peuvent être tirés par un remorqueur. Un avantage par rapport aux dahabieh ? Les sandal peuvent naviguer sur le Nil dans les deux sens !
La felouque, le bateau du quotidien

Enfin, place à nos chères felouques. Encore une fois, le nom nous en dit tout. Falūka signifie « petit bateau » en langue arabe. C’est l’une des embarcations les plus emblématiques d’Égypte. Autrefois, les Égyptiens s’en servaient pour la pêche, traverser le fleuve et même pour de petites excursions. Elles étaient donc indispensables pour traverser le Nil avant la construction des ponts modernes !
Ce bateau à grande voile latine – que l’on retrouve aussi sur les côtes de la mer Rouge et de la Méditerranée orientale – est plus petit et plus simple qu’une dahabieh, ou un sandal. Il offre un confort rudimentaire – ni toilettes, ni électricité à bord – mais authentique. L’idéal pour filer sous le vent, rejoindre les îles d’Assouan ou admirer le coucher du soleil au rythme paisible du Nil.
