Petite histoire des diners

  • 3 min
  • Mis à jour le : 3 avril 2026
  • Par Élisabeth Blanchet Burgot

Boston, 6:00 AM, une envie soudaine de blueberry pie. Où aller ? Dans un diner évidemment. Ces restaurants américains ouverts à toute heure jalonnent les routes et les villes, reconnaissables à leurs néons, leurs banquettes en skaï et leurs façades en chrome ou en briques rouges. On y sert de la comfort food par excellence : œufs, bacon, pancakes, tartes, café à volonté… Avant de se prendre pour Richie Cunningham, retour sur la success-story de ces cantines américaines du typographe Walter Scott aux fast-foods modernes.

Les premiers diners à la fin des années 1850

C’est à un certain Walter Scott que l’on doit l’invention du diner. En 1858, il a 17 ans et il est typographe dans un journal de Rhode Island. Le jeune homme arrondit ses fins de mois en vendant des sandwichs et du café aux rédacteurs et aux éditeurs qui travaillent la nuit. Ses affaires deviennent vite juteuses et plus lucratives que son job de typographe qu’il quitte en 1872 pour s’installer dans un wagon couvert – sorte d’ancêtre du Food Truck ou de la baraque à frites – pour vendre de la nourriture la nuit, à côté du journal. Sans le savoir encore, Walter Scott a inventé le diner !

Trois photos mettant en scène l'ambiance d'un diner avec une assiette remplie de pancakes recouverts de crème chantilly et de fraises, une affiche d'Elvis Presley, et une salle de restaurant
© Simon Lambert/Haytham-Réa - © Robert Harding/hemis - © Simon Lambert/Haytham-Réa

Comme toute bonne idée, elle est copiée et les wagons petit à petit améliorés, embellis et chromés ! L’idée est de donner l’opportunité aux clients de s’abriter s’il fait mauvais d’où la disposition des fameux sièges banquettes… De nombreux wagons voient ainsi le jour principalement dans les villes de la Nouvelle-Angleterre à la fin des années 1800.

Ils ne sont pas seulement ouverts la nuit mais le jour aussi et concurrencent sérieusement les restaurants traditionnels… Des sandwichs, on passe aux burgers, aux milkshakes, aux pies, aux gaufres, aux œufs frits, qui deviendront plus tard des grands incontournables de la gastronomie US. Certaines villes restreignent leurs horaires d’ouverture à la nuit. Mais qu’à cela ne tienne, le concept du diner prolifère à travers les États-Unis et il y a de quoi faire…

Du wagon au boom de l’après-guerre

Au fil des décennies, les wagons se sédentarisent et prennent la forme de préfabriqués. Mais attention, souvent chromés ou en acier, affublés de couleurs flashy et de néons à gogo, comme le mythique The Blue Benn dans le Vermont ! Le phénomène diner s’installe et voyage dans toute l’Amérique du Nord, surtout après la Seconde Guerre mondiale. En effet, la demande explose avec le retour des militaires. Ils veulent dépenser, vivre ! Et ils ne sont pas les seuls. L’Amérique des suburbs (banlieux) se développe, tout comme l’industrie automobile. Les façades des diners s’adaptent. Les fenêtres sont de plus en plus grandes pour permettre aux automobilistes de voir à quoi ressemblent les intérieurs. D’où la clarté des établissements toujours actuelle !

Détails de diners ; siège en skaï rouge et néons en façade
© Simon Lambert/Haytham-Réa - © agil73/Istock

La concurrence des fast-foods

En Amérique, tout va vite et une idée en chasse rapidement une autre : avec l’arrivée et le succès des fast-foods, la fréquentation des diners diminue. Du coup, ces derniers cherchent à changer leur image. Des murs en brique, des toits mansardés, des tons moins criards remplacent le style original…

Mais dès les années 1970, le diner reprend du poil de la bête grâce au bon goût et à la nostalgie de bon nombre d’Américains. Le chrome, les néons et le skaï des banquettes sont de retour. Ouf ! Aujourd’hui les diners se portent bien, sont étape de tout road trip dans le Nord-Est américain et la plupart d’entre eux ont toujours le mérite d’être ouverts toute la nuit. N’oublions pas que c’est pour des repas nocturnes qu’ils furent originalement créés…