Les toits végétalisés d'Islande
Le Nord est idéal pour découvrir une Islande plus sauvage, plus intime et (presque) plus ensoleillée en été ! Au cours de votre prochain voyage en Islande et, au-delà des incontournables comme Mývatn et les cascades Godafoss et Dettifoss, je vous recommande de faire un crochet par le fjord Skagafjördur, à une cinquantaine de kilomètres d’Akureyri. Vous y trouverez une petite église et une ferme écomusée, qui partagent un point commun : leur toit végétalisé.
Pourquoi ces toits verts ?
Il y a de nombreux avantages à installer un toit végétal, à commencer par sa faculté à réguler la température à l’intérieur de la maison. Les végétaux ont de plus un pouvoir de retenue des eaux de pluie, qui évite des ruissellements trop importants en cas de fortes précipitations. Enfin, un toit végétal permet aux constructions d’être en meilleure harmonie avec l’environnement. Et les Islandais sont très sensibles à cet argument.
Mais tout n'est pas rose. Il faut ainsi prévoir une construction très solide. Car au fur et à mesure que la tourbe, qui sert de support à la végétalisation, absorbe l’eau, elle devient de plus en plus lourde. Il faut aussi entretenir l’herbe et la couper souvent. Enfin, la tourbe exige qu'on la change régulièrement. Elle vient en effet à se détacher, généralement à la suite de forts écarts de température.
Où les voir ?

Il est quasiment certain que lors de votre circuit personnalisé en Islande, votre route croisera une maison d'Islande au toit végétal. J'ai néanmoins eu un gros coup de cœur pour deux bâtiments en particulier, dans la région d'Akureyri.
L'église de Vidimyri
Depuis la route n°1, il faut bifurquer sur une petite route qui conduit à la minuscule église de Vidimyri, premier monument historique d'Islande. Il est facile de la louper, mais un grand panneau permet de tourner au bon moment. L’église Vidimyri – que ceint un muret qui délimite l’enceinte d’un cimetière – est à l'écart. Pour y entrer, on passe sous un joli portique peint en vert et rouge sur lequel sont accrochées deux cloches. Le bâtiment actuel date de 1834 mais au XIIe siècle déjà, existait une première église. La façade est noire, mais les photos anciennes montrent qu’elle était beaucoup plus claire au début du XXe siècle.
On peut trouver que le droit d'entrée est élevé, 2 200 ISK (environ 15 EUR en 2026) pour les adultes et gratuit pour les moins de 18 ans. La visite est en effet très courte, puisque l’église est minuscule. Quant au gardien, il se contente de surveiller le monument et durant ma visite, n'a pas prononcé un mot pour nous décrire l’intérieur de l’édifice. Et pourtant, il aurait pu nous apprendre que les familles riches avaient droit à une place devant l’autel. Les hommes s'asseyaient dans le box sud, les femmes dans celui au nord. Les pauvres devaient se contenter de l’arrière de l’église, près de l’entrée.
La ferme écomusée de Glaumbaer
Pour s'y rendre, on rejoint l’emblématique route n°1 de notre road trip sur l’île aux volcans. Dans le village de Varmahlid tout proche, il faut continuer tout droit sur la route 75, pendant 8 kilomètres. Là, se trouve la ferme de Glaumbaer. Elle est facile à reconnaître : comme pour l'église Vidimyri, cette maison traditionnelle islandaise est végétalisée. Il y a en tout 16 corps de ferme quasiment identiques.

Leur toiture est recouverte d’herbe, qui pousse sur un lit de tourbe. Je n’ai pas visité le musée, qui reconstitue l’habitat avant la Seconde Guerre mondiale en montrant la rudesse de la vie à l'époque. On y trouve aussi une boutique et un café. La tourbe est omniprésente : elle est utilisée pour les murets d’enceinte. Avec un peu de chance, vous verrez des outils pour l’extraire du sol. N'hésitez pas non plus à pousser la porte de la jolie petite église…