Le rooibos, tisane miracle sud-africaine

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  • Mis à jour le : 30 mars 2026
  • Par Mathilde Giard

Depuis quelques décennies, le rooibos est devenu un véritable best seller dans toutes les grandes maisons de thé. Mais en Afrique du Sud, son pays d'origine, cela fait plusieurs siècles que cette boisson sans théine est cultivée pour ses propriétés thérapeutiques. Antioxydant et apaisant, le désormais célèbre « thé rouge » est un souvenir incontournable à glisser dans sa valise à l'occasion d'un voyage en Afrique du Sud.

Le rooibos, cousin éloigné du thé

Si vous êtes invité pendant votre circuit en Afrique du Sud, il y a de grandes chances que votre hôte vous serve en guise de bienvenue une curieuse boisson chaude, au goût rond et légèrement sucré. En y trempant les lèvres, vous percevrez même quelques notes de noisettes. Ni thé, ni café, il s'agit du rooibos, appelé à tort « thé rouge » en raison de la couleur de ses fines feuilles en forme d’aiguilles, oscillant entre le grenat et le brun.

Le rooibos pousse uniquement dans la réserve naturelle du Cederberg, haut plateau au climat semi-aride de la région du Cap. Cultivé depuis des siècles, l’arbuste est décrit pour la première fois en 1772 par Carl Peter Thunberg. Ce naturaliste suédois n'est autre qu'un élève de Carl von Linné, à qui l'on doit notre système actuel de description des animaux et végétaux.

Dépourvu de l’excitante théine, le rooibos se boit à toute heure. Il favoriserait même l’endormissement et améliorerait la qualité du sommeil… On le laisse infuser entre cinq et dix minutes dans de l'eau bouillante.

Composition de trois images sur le thème du rooibos. On voit un champ de rooibos en haut à gauche, des feuilles de rooibos prêtes à être infusée dans l'image en haut à droite et une femme vendant du rooibos dans sa boutique.
© Alex/Stock Adobe - © anna.q/Stock Adobe - © Simon Lambert/Haytham/Réa

Les vertus du rooibos pour la santé

Mais cette boisson locale n'est pas seulement appréciée pour son goût subtil. En Afrique du Sud, elle est consommée depuis des siècles pour ses vertus apaisantes, contre l’eczéma, l’asthme, les troubles digestifs… Elle servirait aussi à prévenir le mal des transports ou traiter les coliques des nouveau-nés.

Selon de nombreuses études, le rooibos agirait en outre contre le vieillissement cellulaire. Une vertu qui suscite l’intérêt des marques de cosmétiques. L'industrie du vin se penche aussi sur son incroyable potentiel, à l'image d'une entreprise viticole de Stellenbosch, dans le Cap-Occidental. Celle-ci a conçu en 2015, un chenin (cépage blanc, n.d.l.e) sans sulfate ajouté, mais avec du rooibos. L’année précédente, c’est un merlot (rouge) qui avait été créé suivant le même procédé.

Encore aujourd'hui, on ne cesse de lui découvrir de nouveaux bienfaits pour la santé. Le principal : sa richesse en antioxydants. Le rooibos contient des flavonoïdes tels que l’aspalathine, la nothofagine, la quercétine ou la lutéoline… Autant de composés capables de lutter contre les stress oxydatif des cellules, l’apparition du mauvais cholestérol, ou encore les maladies cardiovasculaires.

Le rooibos en chiffres

15 000 tonnes produites tous les ans

30 % de la production exportée vers l'Allemagne, son lieu de transformation

4,8 milliards de tasses par an

5 000 emplois directs créés

500 millions de rands de chiffre d'affaires annuel (équivalent à 25 millions d'euros en 2026)

En 2006, une étude parue dans l’European Journal of Nutrition décrivait une action liée à l’un de ses autres composants actifs, le chrysoériol, qui engendrerait une baisse de la tension artérielle. Le rooibos agirait également contre les allergies. Des chercheurs japonais ont en effet lié sa consommation à la stimulation d’une enzyme dans le foie qui aiderait à métaboliser les allergènes.

Par ailleurs, il est source de sels minéraux comme le sodium, le potassium, le magnésium, et apporte du fer, ne limitant pas son absorption à la différence du thé traditionnel. Ultime atout : toute la population peut en boire, sans exception, aucun effet secondaire n'ayant été constaté à ce jour.

Depuis 2018, le rooibos bénéficie d'une indication géographique protégée. Mais cela suffira-t-il à protéger l'arbuste ? À l'heure où la planète se réchauffe, l'espèce est en effet en sursis. Les étés en Afrique du Sud sont de plus en plus chauds et les hivers deviennent plus secs. Conséquence : la durée de vie des arbustes a diminué de moitié, passant de douze ans en moyenne à seulement six aujourd'hui.