Quels sont les archipels méconnus de Polynésie ?
Une indicible poésie, et la sensation d’être au bout du monde. Marquises, Australes et Gambier, archipels lointains et oubliés, révèlent une Polynésie plus secrète : terres sauvages, villages préservés et traditions profondément vivantes.
Pourquoi partir aux confins de la Polynésie ?
- Pour assister à un haka marquisien : Aussi appelé haka manu, ce n’est pas la danse guerrière popularisée par les All Blacks, mais une danse inspirée de l’oiseau sacré te manu. Les gestes rapides, bras déployés, ondulations du corps, accompagnés de tambours pahu et de chants gutturaux, évoquent le vol ou la naissance.
- Pour apprendre l’art du tifaifai : Ces tissus cousus main, rares et précieux, sont offerts pour les grandes circonstances de la vie (mariage, baptême, sépultures...). S'ils sont restés assez proches du patchwork original, originaire d’Orient, les motifs dans les Australes sont plutôt inspirés d’éléments naturels comme les fleurs.
- Pour explorer un lagon « d’hiver » : L’archipel des Gambier, le plus au sud de la Polynésie française est le plus proche du tropique du Capricorne. En résulte des eaux plus fraîches, surtout en hiver austral, apportées par les courants du sud. On se rassure : en été austral, l’eau n’est « qu’à » 25 °C tandis qu’elle est à 29 °C à Tahiti.
- Pour voir la vie en tiki : Dans la végétation tropicale du site de Liopuna, à Puamau dans les Marquises, se cachent d’étranges statues monumentales qui incarnent les ancêtres. On peut y voir Maki Taua Pepe, l’unique tiki couché et le monumental Te Ha’a Tou Mahi a Naiki de près de trois mètres de haut, taillé dans une pierre volcanique rouge.
- Pour jouer au taro(t) : Lors d’un séjour dans les Australes, on ne peut passer à côté des immenses champs de taro, semblables à des marécages irrigués. Après avoir été bouilli et pilé, ce tubercule sert de base à la préparation du poipoi, un plat que l’on déguste accompagné de miel ou de purée de fruits.
Les archipels polynésiens les plus secrets
Les Marquises, la mémoire gravée
Changement de paysage dans l’archipel des Marquises, ici, pas de lagon entourant les îles : les baies majestueuses s’ouvrent directement sur l’océan, les paysages sont sauvages et les sites historiques mystérieux. L’île la plus connue, Hiva Oa, constitue une première étape idéale lors d’un circuit aux Marquises. Connue pour avoir accueilli Jacques Brel et Paul Gauguin – le peintre a par ailleurs profité de sa position d’occidental privilégié et a participé au colonialisme de la Polynésie en renforçant l’image de la « vahiné » –, l’île abrite surtout l’un des plus importants centres cérémoniels du territoire : la vallée de Ta’aoa et le marae de Upeke. Au détour d’une randonnée dans le nord de l’île, la plage de Hanatekuua dévoile son sable blanc pour un moment idyllique, coupé du monde.
Une centaine de kilomètres plus tard, à Ua Huka, on fait la rencontre des chevaux sauvages, importés d’Espagne et nombreux sur l’île, un spectacle inattendu. À Nuku Hiva, on se laisse porter par le Grand Canyon et ses paysages imposants, avant de terminer par une chasse aux trésors archéologiques avec les enfants pour trouver les pétroglyphes cachés de Kamuihei. Et au fil du voyage, on découvre l’art du patutiki, le tatouage marquisien, qui imprime l’identité de chacun à travers des motifs sacrés transmis depuis des siècles.
Les îles Australes, la Polynésie solitaire
Un archipel plus secret encore que les Marquises : les îles Australes, composées de sept atolls et îles hautes. Reconnues pour leurs activités agricoles grâce à un climat plus doux, on peut retrouver dans les champs, entre autres, du taro, du pamplemousse, des litchis, de la mangue ou encore de la pistache. Sur les îles, les traditions et savoir-faire se transmettent, comme le travail des feuilles de pandanus en chapeaux, paniers ou tapis sur l’île de Rurutu, ou encore l’usage de la pirogue cousue à Raivavae, véritable œuvre d’art livrée aux flots.
L’île de Rurutu, située sur un point chaud, présente un relief singulier avec une trentaine de grottes surplombant les calanques. La plus insolite est la « Gueule du Monstre », à faire avec un guide ! Rurutu c’est aussi l’une des rares îles où l’on peut observer les baleines à bosses, de juillet à octobre, depuis la plage ou les falaises. Si la baignade vient à manquer, on enfile ses chaussons pour aller nager dans le lagon de Tubuai. Et depuis sa pension de famille sur l’île de Raivavae, les amateurs de nature iront s’élever à 438 mètres d’altitude, en haut du mont Hiro où le vert de la colline se confond au bleu de l’océan.
Les îles Gambier, la cité missionnaire oubliée
On prolonge son séjour en Polynésie française de quelques jours pour aller visiter les îles Gambier. Cet ensemble d’îles hautes, s’appelait avant l’arrivée des missionnaires en 1797, Raro-Teiapo. Lorsque le navigateur James Wilson et son équipage découvrent l’archipel, ils le rebaptisent du nom de l’amiral britannique John James Gambier, qui finançait l’expédition. Quant au sommet de Mangareva, le mont Auorotini, Wilson le nommera d’après le nom de son bateau : Duff. De leur passage, les missionnaires ont laissé églises, couvents et autres vestiges. Certains se remarquent de loin, comme la cathédrale Saint-Michel à Rikitea construite en pierre de corail et la toute première de Polynésie… Et d’autres sont plus cachés, envahis par la végétation dans les îles de Aukena, Akamaru et Taravai.
Petit trésor de Mangareva, la principale île des Gambier : les jardins en terrasses. Aménagés à flanc de montagne et soutenus par des murets de pierres, ils servent à cultiver le taro et les bananes. Si l’on souhaite rapporter un souvenir de ces îles polynésiennes, on opte pour un pot de miel. Ici, les abeilles butinent des fleurs d’agrumes, d’hibiscus ou d’uru, ce qui donne un nectar doux et très fruité. Pour finir cette étape au bout du monde, au choix : exploration dans les îlots alentour ou session de pétanque, l’activité phare du dimanche après-midi en Polynésie.