Quels sont les incontournables du Nord de la Namibie ?
C’est au nord de la Namibie bat le cœur du pays, au diapason des communautés locales qui l’habitent, de la faune qui le parcourt et des somptueux paysages qui le composent.
Pourquoi partir au nord de Namibie ?
- Pour pister les éléphants du désert et les rhinocéros noirs : Les premiers se débusquent au détour d’une petite oasis perdue dans les paysages du Damaraland et les seconds trouvent refuge dans la concession de Palmwag, dans la région de Kunene.
- Pour rencontrer les peuples du Nord de la Namibie : Parmi les étapes incontournables d’un circuit en Namibie à la rencontres des populations figurent le Kaokoland, le territoire himba, et la ville héréro d’Okahandja, sur la route du parc d’Etosha.
- Pour attendre le prochain troupeau au point d’eau d’Etosha : Cet écrin de savane, piqueté d’acacias et de mopanes, abrite en guise de joyaux un immense lac asséché, quelque 114 espèces de mammifères et des milliers d’oiseaux.
- Pour admirer les peintures et gravures rupestres du Néolithique : À une exception près, aucune gravure ni peinture rupestre de Twyfelfontein n’a été déplacée, garantissant l’authenticité d’une site exceptionnel, qui n’a pas encore livré tous ses secrets.
- Pour sillonner l’univers aquatique de Caprivi : Au bout de cet étroit couloir débutant sur les rives du fleuve Okavango, les chutes Victoria concluent de la plus belle des manières un voyage combiné Namibie-Afrique du Sud.
À voir absolument au nord de la Namibie
Le Damaraland, spectacle minéral
À l’intérieur des terres, au nord-ouest de Windhoek, le Groot Spitzkoppe, reconnaissable à son pic et son arche en pierre écarlate, est le premier arrêt d’une étape dans le Damaraland. Puis, les montagnes du Brandberg culminant avec le Königstein à 2 573 mètres, défient la platitude des plaines. Ici et là, les falaises rougeoyantes du massif des Erongo bornent l’horizon. Comme jetés au hasard, leurs blocs forment un fouillis pierreux digne de la Monument Valley.
On entre vite dans le territoire des Damaras et des Héréros, dont les échoppes bordent les routes avec leurs étals chatoyants et leurs sculptures animalières avant d’arriver au pied du Brandberg. Admirable témoignage de la vie humaine à admirer pendant son autotour en Namibie, plus de 900 sites abritent des peintures (la « Dame blanche ») et des gravures rupestres. Ce territoire garantit en outre un des rares environnements sans barrière de la Namibie, où les animaux peuvent circuler en toute liberté, comme le rhinocéros noir dont une centaine de spécimens a trouvé refuge près de Palmwag.
Twyfelfontein, peintures rupestres et éléphants
Lieu mythique et mystique pour les populations d’hier et d’aujourd’hui, Twyfelfontein (la « fontaine incertaine »), est à la fois la patrie des éléphants du désert et le premier site namibien inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, grâce à ses plus de deux mille gravures rupestres datant du Néolithique. Ces pétroglyphes attestent d’une culture raffinée, riche en symboles : lions, girafes, constellations, autruches, manchots sont autant de dessins visant à demander abondance d’eau et à témoigner des pérégrinations du peuple San jusqu’à l’océan. À quelques encablures, une spectaculaire forêt de « tuyaux d’orgues » de basalte borde une rivière asséchée, tout proche du site de la « montagne brûlée », dernier vestige d’une ancienne activité volcanique. Des lodges somptueux, adossés aux massifs rouge sang, sont le point de départ d’excursions à la rencontre des éléphants du désert, variation unique et plus petite de l’espèce africaine que vous pistez dans le lit des rivières asséchées. Sur la route vers Etosha, enfin, le site de la « forêt pétrifiée » abrite de nombreux troncs d’arbres aux dimensions exceptionnelles transformés en pierre, ponctués de plantes primitives, endémiques et étranges, poussant à ras du sol et d’une exceptionnelle longévité (certains spécimens ont plus de 1 500 ans) : les Welwitschia Mirabilis.
Parc national du Waterberg, faune et plateaux
Vaste plateau de falaises de grès rouge, surmonté d’un chapeau végétal vert émeraude, le Waterberg tranche avec les plaines monotones qui l’entourent, à l’est d’Otjiwarongo. Visible à plusieurs kilomètres à la ronde, cette montagne tabulaire culminant à 1 885 mètres joue un rôle essentiel dans l’histoire naturelle et humaine du pays. À ses pieds, de vastes fermes d’élevages et un centre de pointe dédié au guépard, le Cheetah Conservation Found, créé en 1990. Dans le parc situé sur son faîte, une végétation dense, nourrie par les sources qui donnent son nom au site, abrite une faune variée : babouins, dik-diks, impalas à tête noire, grands koudous, phacochères, buffles, guépards et léopards… En sus, des dunes pétrifiées et des traces de dinosaures datant de 200 millions d’années complètent sa géologie extraordinaire que l’on peut parcourir sur plusieurs sentiers balisés. Le Waterberg est aussi un lieu de mémoire car c’est ici qu’a eu lieu, en 1904, l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire namibienne, lors du conflit opposant les Hereros aux troupes coloniales allemandes.
Parc national d’Etosha, les grands troupeaux
Référence incontournable pour l’observation de la faune africaine, le parc national d’Etosha s’étend sur près de 23 000 km². Trois portes donnent accès à ses pistes – reliant entre eux les rest camps, sites de ravitaillement et d’hébergement –, et permettent d’entrer dans cet écosystème unique de plus de vingt biotopes différents, organisés autour du pan d’Etosha, vaste lac salé souvent asséché. Ses taillis de mopanes et de buissons épineux, ainsi que ses grandes plaines d’herbes blondes attirent une concentration exceptionnelle d’animaux, notamment autour des points d’eau. Au petit matin et au crépuscule vous avez de grandes chances d’y observer de larges troupeaux d’éléphants, de girafes, de zèbres des plaines, de gnous bleus, de springboks, d’oryx, de koudous et d’autres nombreuses espèces d’antilopes. Etosha est également l’un des meilleurs endroits pour apercevoir les rhinocéros, noirs ou blancs, ainsi que les grands prédateurs comme les hyènes, les lions et les guépards, tandis que le léopard se fait plus discret. Plus de 300 espèces d’oiseaux complètent ce tableau vivant, tel que des grappes de calaos à bec jaune (appelés ironiquement « flying bananas »), des familles d’autruches, des messagers sagittaires, redoutables chasseurs de serpents et d’autres nombreux exemplaires aquatiques à la saison des pluies. À Etosha, chaque halte devient une scène animée et chaque observation une expérience privilégiée, à vivre à votre rythme, car c’est l’un des rares parcs que l’on peut sillonner en autonomie.
Kaokoland, en territoire himba
Reconnaissables à leurs coiffures étonnantes, faites de longues tresses couvertes d’une pommade à base de graisse animale et d’ocre rouge chez les femmes, et chez les hommes adultes d’une queue de cheval au milieu d’un crâne rasé, et à leur habillement fait d’un pagne et de grands colliers de perles, de peau et d’argent, les Himbas participent à la richesse culturelle de la Namibie. Anciennement Hereros, de langue bantoue, ils sont devenus éleveurs de bétail semi-nomades après avoir été chassés à plusieurs reprises par les colons et vivent en conservant farouchement leurs us et coutumes ancestraux. Si vous rencontrez des Himbas à Swakopmund, où ils sont installés à l’écart de la ville, ou dans différents hameaux qui jalonnent les pistes du Damaraland, c’est au Kaokoland (ou Kaokoveld), région la plus reculée et sauvage du nord-ouest, que sont établis leurs nombreux villages aux huttes coniques. Aussi doués pour l’artisanat, ils se sont ouverts aux visiteurs depuis quelques années, mais il est préférable d’être accompagné d’un guide pour l’introduction dans leur communauté.
Bande de Caprivi et chutes Victoria, paradis aquatique
Souvent associée à la visite des chutes Victoria, la bande de Caprivi s’étire à l’est de la Namibie comme un doigt, une surprise humide et verdoyante de 450 km de long. Sa curieuse géographie illustre les circonstances de sa naissance, fruit de négociations âpres entre Allemands et Britanniques en 1890. Ici, vous oubliez le désert et sa sécheresse en longeant des rivières mythiques, le Kwando et le Zambèze, et vous entrez à la source du delta de l’Okavango, qui plonge ses doigts d’eau dans le Botswana frontalier. Vous traversez les réserves naturelles du parc national de Bwabwata qui vaut le détour pour ses crocodiles et ses troupeaux d’éléphants. Dans cet univers aquatique et bruissant de vie, vous observez buffles et antilopes traverser calmement les marais, vous glissez en bateau au lever du jour, quand les hippopotames bâillent et les oiseaux s’éveillent. Dans le parc national de Mudumu, le village de Lizauli a été créé pour sensibiliser le public aux modes de vie traditionnels de la région (culture, alimentation, chasse, pêche, artisanat). Quant au parc national de Nkasa Rupara, il protège 320 km² de zones humides où vivent quelque 430 espèces d’oiseaux et participe à l’aire de conservation transfrontalière KaZa (Kavango Zambezi).