À bord d’un dala-dala en Tanzanie
Connaissez-vous le dala-dala ? Ces minibus souvent colorés — et parfois déglingués — sont pourtant incontournables en Tanzanie. Bon marché, ils se faufilent partout et desservent tout le pays, d’Arusha à Zanzibar en passant par Dar es-Salam. Mais ils ne sont pas exempts d’inconvénients. Il faut en effet s’y entasser bon gré mal gré et s’en remettre à des chauffeurs pas toujours au fait du code de la route. Mais alors faut-il tester le dala-dala en Tanzanie ? Pourquoi pas, à condition de savoir à quoi s’attendre.
Tout savoir sur le dala-dala
Quelle que soit la prochaine étape de votre circuit en Tanzanie, il y aura toujours un dala-dala pour vous y amener ! Ce minivan d’une vingtaine de places assises est tout simplement incontournable pour qui souhaite voyager local.
Pour monter à bord d’un dala-dala, deux solutions. Si vous ne connaissez pas l’itinéraire emprunté par le dala-dala, le mieux est de se rendre à la gare routière et de repérer votre destination sur le panneau affiché sur le pare-brise des véhicules. Mais si vous savez où passe votre dala-dala, vous pouvez patienter au bord de la route et simplement héler le chauffeur. C’est en effet l’une des premières particularités de ce moyen de transport tanzanien : les arrêts ne sont pas clairement définis. On peut monter ou descendre d’un dala-dala, simplement en le signalant au chauffeur.
D’où vient le mot dala-dala ? Lorsque sont apparus les premiers dala-dala dans les années 1980, le coût d’un trajet était de cinq shillings tanzaniens, l’équivalent d’un dollar américain. Le nom dala-dala est tout simplement un dérivé du mot « dollar ». |
Le dala-dala est-il un transport sûr ?
En général, trois employés sont à bord du dala-dala : le chauffeur, le navigateur à sa droite et le contrôleur au fond. Mais seul le chauffeur a la responsabilité d’amener son petit monde à bon port. Et il n’est pas souvent réputé pour sa conduite prudente ! À son interprétation très personnelle du code de la route, s’ajoute l’état des pistes et routes tanzaniennes, pas toujours bien entretenues. Autant vous dire que le dala-dala n’est pas toujours sûr ! Il n’a pas de suspension, on se cogne donc sur le toit dès qu’on roule dans un nid-de-poule ou sur un dos d’âne. Et on a souvent mal aux fesses car l’assise du siège n’est pas exactement moelleuse. Heureusement, on se déplace en dala-dala seulement pour couvrir des petites distances.
Le dala-dala est-il un transport confortable ?

Nous avons déjà parlé du chauffeur, parlons désormais du contrôleur, chargé de récolter les paiements pour le voyage et « d’organiser » l’espace à bord. Pour lui, une seule règle s’applique : « On peut toujours faire monter un passager de plus ». Même quand tout le monde pense que le dala-dala est plein, le contrôleur parvient toujours à convaincre de nouvelles personnes de monter à bord et réussit à les caser à l’intérieur. Les autres s’entassent comme ils peuvent, quitte à finir par se cramponner aux portières à l’extérieur ou à monter sur le toit. Et il faut compter avec les valises, les sacs de provisions, les vélos, les meubles… voire les cages à poules et parfois même des chèvres ! Résultat : si le dala-dala dispose d’une vingtaine de places, le nombre de passagers peut facilement atteindre, voire dépasser, la trentaine. Autant dire que le confort est optionnel.
Mais alors, faut-il prendre un dala-dala ?

Hé bien tout dépend de ce que vous attendez de votre voyage. Si vous avez besoin d’horaires fixes, si votre dos est fragile, si vous craignez la promiscuité, la réponse est non. Mieux vaut vous tourner vers un autre moyen de transport, comme le train (car oui, il est possible de voyager en train en Tanzanie) ou la voiture avec chauffeur.
Si votre voyage en Tanzanie se déroule essentiellement à Zanzibar, le dala-dala reste possible. Les dala-dala circulant sur l’île au Épices sont en effet généralement en meilleur état que ceux du continent. Vous pouvez dès lors tenter l’expérience pour par exemple passer d’une plage à l’autre le long de la côte Est de Zanzibar.
Enfin, si vous ne craignez pas l’imprévu et cherchez une expérience au plus près de la vie locale, un trajet en dala-dala vous garantit des souvenirs mémorables. Vous aurez ainsi l’occasion d’observer comment naissent les premières complicités – petits regards, sourires aux enfants, entraide entre passagers… – et comment s’organise la solidarité à bord. Car chacun garde un œil sur les affaires de l’autre. On peut s'assoupir sans crainte, personne n'en profitera pour voler une personne endormie (c’est extrêmement rare). Et ça, c’est la Tanzanie qu’on aime !