Le petit guide des aurores boréales

  • 4 min
  • Mis à jour le : 20 avril 2026
  • Par Maëlys Goubelet

Les aurores boréales ont ce talent rare : transformer une nuit glaciale en spectacle grandiose. Beaucoup rêvent de voir le ciel s’illuminer de voiles verts, rouges ou violets lors de leur séjour en Finlande, en Norvège ou encore dans le Grand Nord canadien. Fuyantes, imprévisibles, parfois visibles jusqu’en France, on dévoile dans ce petit guide des aurores boréales tous leurs secrets et la meilleure période pour les admirer.

Qu’est-ce qu’une aurore boréale ?

On ne les voit que de nuit, et pourtant elles sont liées au Soleil, plus particulièrement aux éruptions solaires – qui suivent un cycle d’environ onze ans. Toute l’année, des vents solaires chargés de particules d’ions et d’électrons heurtent la magnétosphère, la bulle qui protège la Terre. Ces particules excitent les atomes d’azote ou d’oxygène dans l’atmosphère, libérant des voiles lumineux et colorés. C’est la naissance des aurores boréales.

Mais au fait : pourquoi ces couleurs ? Les atomes d’azote peuvent produire du bleu, du rouge et du violet, mais l’azote se fait rare au‑delà de 200 kilomètres d’altitude. Un peu plus bas, entre 100 et 240 kilomètres, l’oxygène domine et diffuse cette teinte verte si emblématique des nuits polaires.

Composition de trois photos d'aurores boréales. En haut à gauche, lors d'une balade en traineau en Finlande. À droite, un homme installe sa caméra. En bas, deux personnes observent le bal des aurores depuis la piscine géothermale Pollurinn dans les Fjords de l'Ouest de l'Islande.
© Thomas Lipke/Unsplash - © Dre Erwin/Unsplash - © MikeHubert/Stock Adobe
Mythes et croyances

Les aurores boréales ont longtemps été interprétées comme des signes divins. Dans la mythologie nordique, elles forment le bifröst, un pont lumineux qui relierait la Terre et le Ciel. D’autres légendes y voient la danse des esprits des animaux ou les reflets de la Lune sur les armures des valkyries. Au Moyen-Âge, il était admis qu’il s’agissait de torches allumées par les morts pour guider les nouveaux arrivants.

Au maximum de l’activité solaire, elles sont plus fréquentes et descendent vers des latitudes inhabituelles. Elles peuvent alors illuminer le ciel de l’Angleterre, de l’Arizona, et même de la France !

Nos conseils pour voir des aurores boréales

Maintenant que l’on sait d’où viennent ces jolies fulgurances vertes, reste à savoir comment faire pour augmenter ses chances de les admirer ?

Aller dans le froid

Comme dit précédemment, les particules sont attirées comme des aimants vers les pôles. Donc vers le cercle polaire arctique et… antarctique. Dans l’hémisphère Nord, on observe des aurores boréales, et au Sud, des aurores australes. Si l’Antarctique est tentant, on opte pour un voyage dans le froid du nord pour les « chasser ».

Bien choisir sa saison

Bien qu’elles se dansent toute l’année, les journées longues du printemps et de l’été les rendent presque invisibles. L’automne et l’hiver, avec leurs nuits infinies, restent les meilleures périodes pour lever les yeux vers le ciel.

Éviter la pollution lumineuse

Comme pour observer les étoiles, mieux vaut fuir les halos urbains. Même s’il est possible de les voir depuis le balcon de son logement, rien ne vaut un coin isolé, un ciel dépourvu de nuages et loin de toute lumière parasite.

Avis aux photographes

Le trépied est indispensable pour assurer une stabilité parfaite lors des poses longues. Et mieux vaut glisser quelques batteries de rechange dans le sac-à-dos, au chaud, le froid les vidant assez vite.

Composition de trois photos verticales. Toutes illustrent les aurores boréales devant des paysages enneigés : derrière un chalet au Canada pour celle de gauche, dans les montagnes de Norvège au milieu et enfin plusieurs personnes observent les aurores boréales depuis le bas de la cascade Skogafoss en Islande, sur la photo de droite.
© Joe Pohle/Unsplash - © Tobias/Stock Adobe - © Balazs Busznyak/Unsplash

S’équiper chaudement

Le Grand Nord ne pardonne pas : froid sec, vent, neige… Alors on s’équipe et on adopte la règle des 3 couches. Petite astuce : avant de sortir, on glisse des chaufferettes dans les bottes de neige pour éviter les pieds congelés !

Suivre les bons filons

Que ce soit lors d’un circuit en Laponie norvégienne ou durant un road trip dans le Grand Nord canadien, les applications et sites spécialisés seront les meilleurs alliés. L’application My Aurora Forecast alerte en cas d’activité imminente, tandis que le site Ventusky aide à anticiper la couverture nuageuse.

Faire preuve de patience

Même avec les meilleurs outils de prévision, les aurores boréales peuvent se faire désirer. Il faut alors s’armer de patience. Et pour mettre toutes les chances de son côté, mieux vaut prévoir une semaine sur place plutôt que trois jours.
Qu’elles durent cinq minutes ou plusieurs heures, les aurores boréales restent l'un des plus beaux spectacles qui soient.