Tout savoir sur les onsen
On se jette à l’eau ! Situé sur la ceinture de feu du Pacifique, l’archipel nippon est truffé de volcans, et recense plus de 3 000 onsen, des sources thermales issues de l’activité volcanique. Le séjour ne saurait être complet sans que l’on ne se soit mis dans le bain de cet art de vivre très prisé des Japonais. L’une des expériences les plus typiques et relaxantes à vivre au Japon, au plus près des éléments, les sens en éveil.
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Qu’est-ce qu’un onsen ?
Le mot onsen signifie littéralement « source chaude ». Il s’agit d’une source thermale naturelle réchauffée par la géothermie. Issue des entrailles de la terre, son eau est naturellement chaude et riche en minéraux. Elle doit d’ailleurs répondre à des critères officiels de température et de composition minérale. La température à la source doit être d’au moins 25 °C, et l’eau doit contenir au moins l’un des 19 éléments figurant dans la « Loi Onsen ».
Le mot onsen s’écrit avec les kanji (idéogrammes) 温, « chaud » et 泉, « source ». Il désigne donc stricto sensu la source et, par extension, l’établissement thermal – auberge traditionnelle (ryokan) ou établissement public de bains – qui présente des bains collectifs. Pendant son voyage sur mesure au Japon, on ouvre l’œil : les onsen sont signalés par le kanji de l’eau chaude 湯 (yu) ou le hiragana ゆ, yu, et représentés par le symbole ♨️.

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Combien coûte l’entrée au onsen ?
L’entrée coûte entre 400 à 800 yens, et peut aller jusqu’à 2 000 yens pour les gros établissements multi-services et/ou haut de gamme comme les super-sentô. Certains onsen proposent de petites serviettes en coton (tenugui) à la location pour 300 à 500 yens. On peut aussi apporter sa propre serviette mais attention, les grandes sont interdites dans la zone de bains. Dans les petits onsen à la campagne, le paiement peut se faire à un distributeur qui délivre les tickets d’entrée et des bons pour les serviettes (tarifs 2026, n.d.l.e).
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Pourquoi se baigne-t-on nu(e) au onsen ?
Alors qu’un maillot peut retenir les impuretés, la nudité (et la douche) évite la contamination des eaux thermales. Mais cette règle repose aussi sur des valeurs culturelles. Car la nudité est perçue au Japon comme naturelle, égalitaire. Loin de toute honte ou toute ambiguïté, elle permet, dans une atmosphère familiale, une expérience de détente dans le respect de l’autre et du lieu.
Petit lexique des bains au Japon Les mots japonais onsen, rotenburo et sentô désignent tous des lieux de bains. Mais alors, comment les différencier ? On l’a dit, le onsen est une source chaude naturelle d’origine volcanique. Le rotenburo (露天風呂, « source chaude en plein air ») est un bain extérieur, souvent lié à un onsen. Si l’eau provient de la même source, le rotenburo se distingue par le fait d’être en plein air. Souvent plus rustique que le onsen, le sentô est un bain public implanté en ville, où l’eau n’est pas de source chaude naturelle et n’est pas minérale. À noter enfin que certains établissements disposent de bains privatifs (kashikiri onsen) et qu’il existe des super sentô, s’apparentant au complexe thermal. |
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Hommes et femmes se baignent-ils ensemble ?
Par principe, le onsen est non mixte – à de très rares exceptions près, en zone rurale. Une fois passé l’accueil, observez les rideaux suspendus (noren) au-dessus des portes du vestiaire : le kanji 男, otoko, désigne l’homme (souvent tracé sur fond bleu), et 女, onna, la femme (sur fond rouge).

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Où déposer mes vêtements ?
On dépose chaussures ou chaussons d’hôtel dès l’entrée du vestiaire, sur des étagères ad hoc, puis on se déshabille intégralement. Les vêtements sont placés dans des paniers eux-mêmes rangés dans un rayonnage, ou, dans les établissements plus récents, dans des casiers fermés à clé ; dans ce cas, la clé est à conserver sur soi, attachée à un bracelet étanche.
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Faut-il se doucher ?
En toutes saisons, la douche est obligatoire, et se doit d’être minutieuse ! Elle se prend en position assise, sur un tabouret en bois ou en plastique. Gel douche, shampoing et conditionneur sont toujours en libre-service. Des bassines permettent de se rincer. Et le rinçage doit être effectué avec tout autant de soin que le lavage, afin d’éviter toute bulle ou tout nuage de savon à la surface de l’eau. Les bassines sont idéalement à reposer renversées, à cheval entre le tabouret et la tablette basse fixée au mur.
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Comme se passe la baignade ?
S’offrent à vous un ou plusieurs bassin(s) entre 39 et 44 °C. D’autres merveilles pour les sens peuvent aussi vous attendre : un sauna, et dans ce cas un bassin froid, et un hammam.
Dans cette zone humide, les petites serviettes servent à la fois à masquer son intimité lors des déplacements et à se sécher. Pour éviter les chocs thermiques et se refroidir un peu, aussi bien que pour des raisons pratiques, les Japonais ont coutume de poser sur la tête une serviette mouillée à l’eau froide. Là encore pour des raisons d’hygiène, elle ne saurait être plongée dans l’eau. Elle se pose sur la tête, sur le rebord du bassin, ou dans des étagères à disposition dans cette pièce humide.
Tandis que le temps semble s’arrêter, les horloges veillent, dans la zone de bains et au vestiaire. Car on a vite fait d’oublier l’heure !
Onsen et tatouages font-ils bon ménage ? Les personnes tatouées peuvent se voir refuser l’accès aux onsen. Heureusement, des sites comme www.tattoofriendlyonsen.com référencent les établissements tattoo-friendly. On peut filtrer sa recherche par région, ville, type de bain (public, privé, hôtel) et politique relative aux tatouages (totalement acceptés, couvre‑tatouages requis, bains privatifs conseillés…). |
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Le onsen est-il bon pour la santé ?
Le onsen a pour but la détente et le délassement, mais aussi le soin du corps, avec une dimension thérapeutique. Il allie l’agréable à l’utile. Les eaux thermales, riches en minéraux (soufre, chlorure de sodium, sulfure d’hydrogène, fer, calcium…), sont d’abord reconnues pour leurs propriétés pour la peau, qu’elle hydrate, adoucit, purifie, régénère. Leurs composés ont aussi souvent des effets reconnus sur les douleurs musculaires, la circulation sanguine, le diabète…
Dans tous les cas, les mots d’ordre demeurent : détente et décontraction. Au contact de l’eau brûlante sur la peau nue, l’idée est de se purifier le corps et se vider la tête, de laisser couler les pensées jusqu’à ne plus penser à rien. À mesure que le corps se délasse, les tracas s’évaporent, l’esprit s’apaise. Ainsi lavés, comme purifiés de l’intérieur, on peut fermer les yeux, ou au contraire, au rotenburo, regarder au loin pour profiter d’une vue sur la forêt ou la montagne, la mer ou un lac.
Espace de silence que seul peut perturber le chuchotement, le onsen est paradoxalement un univers de sons : jet des douches, ruissellement de l’eau, glouglou des fontaines, claquement des bassines sur les tablettes…
De cette expérience au contact de l’eau, dans un silence hanté par cet élément et un air chargé d’humidité, on ressort rincé mais apaisé, le corps comme l’esprit dans un état de flottement.