La vallée Sacrée de Moray à Maras
David et Éric multiplient les séjours à Cuzco. S’ils ne se connaissent pas, tous deux s’accordent pour dire que la découverte des terrasses de Moray et des salines de Maras est incontournable pour qui séjourne dans la vallée Sacrée. Ces deux sites sont reliés par un très beau chemin serpentant au milieu des champs, avec les Andes en toile de fond. Magique ! Surtout quand comme David, on réalise cette expérience au début de la saison des pluies, quand les lieux sont moins fréquentés et les cieux plus agités. Et quand comme Éric, on se passionne pour la civilisation inca. Mettez vos pas dans les leur pour une randonnée inoubliable.
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Moray, l’INRAE des Incas
Pour débuter cette belle journée dans la vallée Sacrée, je rejoins Moray en colectivo. En cette fin de matinée, l’éclairage sur ce site archéologique est idéal, entre ombre et lumière. Je choisis de l’admirer depuis le point d’observation situé au sud, pour bénéficier d’une vue d’ensemble sur le site de Moray.
Sous mes yeux, se déploient trois ensembles de terrasses, formées par des cercles concentriques. Les champs alentour, la silhouette des sommets andins et un ciel parcouru de nuages composent un décor naturel superbe et typique d’un circuit dans la vallée Sacrée.
Bon à savoir Toutes les informations pratiques sont regroupées en fin d’article dans l’encadré « Organiser sa randonnée de Moray à Maras ». |
Surtout, ces terrasses sont un témoignage exceptionnel du génie de la civilisation inca. Car selon les dernières recherches archéologiques, les terrasses de Moray auraient servi de centre de recherche agricole. Chaque niveau de terrasse permettait en effet de recréer un microclimat et de tester différentes cultures.
Aujourd’hui, les terrasses de Moray sont en cours de restauration et de nouvelles cultures sont testées, à l’instar du quinoa, une céréale typique de la cuisine andine.
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La randonnée entre Moray et Maras
Une heure suffit pour découvrir les terrasses de Moray et après un dernier regard sur ce site inca, je décide de rejoindre à pied les salines de Maras. La randonnée ne présente aucune difficulté technique et dans le sens Moray-Maras, le sentier descend en pente douce.
Au loin, on reconnaît la cordillère de Vilcabamba, le pic de Verónica (Wakaywillque), les montagnes des Andes… Immenses et encapuchonnées de neige, elles offrent un spectacle incroyable. On les croirait sorties tout droit d’un tableau de Monet.
À mesure que j'avance, je croise des paysans et des bêtes dans les champs, des enfants qui jouent… mais aucun voyageur. La haute saison des voyages au Pérou se déroule plutôt de juin à août et en ce mois de novembre, je me sens vraiment privilégié.
Saison des pluie oblige, de gros nuages gris s’amoncellent à l’horizon et d’épaisses écharpes de brume commencent à s’enrouler autour des sommets. Tout cela n’annonce rien de bon mais a quelque chose de magique, surtout quand les rayons du soleil se fraient un chemin au milieu de la nébuleuse gris acier.
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Maras, un lieu qui ne manque pas de sel
Finalement, j'échappe à l’orage et c’est les pieds au sec que j'arrive aux salines de Maras. Sous mes yeux, des milliers de bassins déclinant toutes les nuances du beige : crème, sable, moka, caramel… Comme Moray, le site est incontournable pour les esthètes comme pour les passionnés d’histoire du Pérou.
Le site de Maras est occupé depuis des milliers d’années, ainsi que l'attestent des objets typiques de la culture Chanapata (600-200 av. J.-C.) retrouvés lors de fouilles. Au XVe siècle, ce sont les Incas qui exploitent le sel à Maras, qu’ils appellent Kachi Raqay, « bassins de sel ». Le village de Maras sera quant à lui fondé par les colons espagnols en 1556.
En France, où les marais salants tiennent une importance culturelle ancienne, on connaît l’extraction du sel. La différence de taille est qu’ici, nous sommes à plus de 400 kilomètres de la mer et à 3 200 m d’altitude. C’est d’ailleurs ce qui rend l’endroit insolite et magnifique, avec au loin des sommets culminant à plus de 5 000 m.
Alors, d’où vient ce sel ? La surprenante géologie des Andes a permis à une source saturée en chlorure de sodium de jaillir du sol, dans un encaissement montagneux. Lorsque la population observa une légère formation de sel sur les pierres, elle eut l’idée de dévier la source par de petites rigoles pour récupérer l’eau dans de petits bassins, exposés en plein soleil. Les salines de Maras étaient nées !
Ces puits n’ont jamais cessé d’être exploités et aujourd’hui, ce sont deux grandes coopératives locales qui se partagent des milliers de puits déclinés en terrasses, pour le plus grand bonheur des voyageurs qui viennent chaque année les visiter… et le mien.
La journée déjà bien avancée ne me permettra pas de gagner Chinchero et son église baroque comme je l’avais initialement prévu. Qu’à cela ne tienne, je reviendrai dans la vallée Sacrée, c’est certain.
Randonner de Moray à Maras. FAQ
Quel est le meilleur moment pour visiter Moray et Maras ?
La saison sèche de mai à octobre est idéale, quand les salines se pare d’un blanc étincelant. Leur couleur vire au marron au fur et à mesure qu’on avance dans la saison des pluies.
Comment insérer cette randonnée dans un circuit au Pérou ?
Prévoyez 3 nuits dans la vallée Sacrée pour consacrer votre deuxième journée à la randonnée et à la visites des sites. Si vous le pouvez, programmez cette excursion le dimanche, jour de marché à Chinchero, et complétez-la par la rencontre d’un artisan local, spécialisé dans l’adobe.
Combien de temps prend la visite des sites de Moray, Maras et Chinchero ?
Comptez une journée complète en incluant les transferts aller et retour.
Quelles sont les caractéristiques de la randonnée Moray-Maras ?
Comptez 1 h 30 à 2 h environ pour une randonnée de 6 kilomètres comportant un dénivelé négatif de 200 m.
Comment rejoindre Moray ?
Le moyen de transport le plus recommandé est le taxi, collectif ou privé. Comptez une bonne heure de trajet au départ de Cuzco et un tarif estimé à 50 EUR (septembre 2026).
Quel équipement prévoir ?
De bonnes chaussures et un petit sac à dos (contenance 20 à 30 litres) pour l’eau et le pique-nique, ainsi que ce qu’il faut pour se protéger du soleil, de la pluie et de la poussière (chapeau, lunettes et crème solaire ; coupe-vent ; foulard…)