L’Écosse de la reine Victoria
Lors de son premier voyage en Écosse, en 1842, Victoria est touchée en plein cœur par la beauté du pays. Elle reviendra maintes et maintes fois, laissant derrière elle des histoires qui donnent une dimension toute particulière à ces lieux aujourd’hui. 150 ans plus tard, me voilà à la recherche des traces romantiques qu’elle a laissées derrière elle.
Comme moi au moment de ce périple en Écosse, la reine Victoria a 23 ans lorsqu’elle fait son premier voyage à Édimbourg et à travers l’Écosse. Voilà déjà cinq ans qu’elle est reine. Émue par les récits épiques de Walter Scott, elle vient à la recherche de ses racines et de cette famille Stuart dont elle descend. Dès ses premiers pas, elle ne cesse d’être émerveillée, et écrit dans son journal qu’elle a « une vision que l’on s’attend à avoir uniquement dans un rêve, ou en regardant un tableau ».
Comme elle, je me souviens de mes premiers pas à Édimbourg. Je sors de la gare Waverley, qui n’existait pas encore lors du voyage initiatique de Victoria, et les bourrasques me poussent à me retourner. Je ne m’attendais pas à découvrir la colline sombre de Old Town, percée de mille fenêtres luisantes. À partir de ce moment-là, plus rien ne sera jamais pareil. Une sorte de certitude me prend : je me sens bien ici. C’est comme si j’étais finalement « arrivée ». À lire le journal intime de la reine Victoria, j’ai la conviction profonde qu’un sentiment comparable la prend lorsqu’elle pose pour la première fois le pied dans la capitale écossaise.
- Leith
- Holyrood Palace
- Rosslyn Chapel
- Drummond Castle
- Scone Palace
- Dunkeld
- Le château du Balmoral
- Braemar
- Le Loch Katrine
1
Leith – port(e) d’entrée d'Édimbourg
L’Édimbourg de Victoria, à mon sens, se survole depuis Calton Hill. On aperçoit le port de Leith, où la reine accoste plusieurs fois. Une statue de la reine trône au pied de Leith Walk, la grande promenade qui sert d’épine dorsale à ce quartier en totale réinvention. Je ne retiens pas mes sourires quand les fans de football locaux l’affublent d’une écharpe aux couleurs de l’équipe des Hibs, les jours de match…

2
Holyrood Palace – les appartements de la reine
La résidence royale, bâtie au XVIe siècle par la famille des Stuarts. Consciente de son importance, Victoria améliorera le palais touche par touche : une fontaine copiée sur le palais de Lintlithgow par ici, une fausse crénelure par là… J’aime visiter ce palais, bâti près d’une ancienne abbaye, car l’histoire y est palpable. Si vous pouvez l’admirer en si bon état, c’est notamment grâce à Victoria !

3
Rosslyn Chapel – une ambiance mystérieuse
Construite par la très pieuse famille Sinclair, cette chapelle n’est en fait que la nef d’un monument bien plus grand, qui ne fut jamais terminé après le décès de William Sinclair, père du projet. Au XIXe siècle, la chapelle alors en ruines est redécouverte par les peintres romantiques, qui auront un impact direct sur l’imaginaire de la jeune reine. Ni une ni deux, une fois en Écosse, elle dirige sa calèche jusqu’au village de Roslin pour se fondre dans l’intemporalité de ce lieu intriguant. On la comprend ! Et je vous recommande sincèrement de faire pareil : une ambiance particulière règne autour de Rosslyn Chapel. Allez-y en bus de ville, c’est bon marché.
4
Drummond Castle – quels jardins !
On ne peut en visiter que les jardins, mais c’est déjà beaucoup. Saurez-vous trouver le hêtre planté par Victoria ? C’est comme si elle était là il y a quelques instants !
5
Scone Palace – une visite royale attendue
À Scone Palace, c’est le branle-bas de combat lorsqu’on reçoit « la » lettre, qui annonce la visite royale. La famille Mansfield va dépenser une fortune pour accueillir la reine comme il se doit. Mais leur investissement les porte loin : aujourd’hui, on peut encore admirer la belle table en bois du domaine où le couple royal a dîné, le couloir où ils ont joué au curling, la vaisselle qu’ils ont utilisée. Quand j’y suis, j’aime surtout déambuler dans le parc, passer du temps avec les paons et manger un scone à Scone. Parce que pourquoi pas !

6
Dunkeld – des balades en forêt
Au choix : une petite promenade sur le chemin forestier de l’Ermitage, ô combien romantique, parsemés de monuments de l’époque victorienne, ou bien… Une visite au Birnam Oak, un chêne vieux de 600 ans qui a vu passer la reine plus d’une fois. Outre ces idées forestières, le village de Dunkeld vaut pleinement un arrêt !
7
Le château du Balmoral – des étés à la campagne
Après avoir loué ce domaine plusieurs années, Albert l’achète pour son épouse. Ils couleront là plusieurs étés joyeux, et transformeront le manoir original en véritable lieu de villégiature royale. Lorsqu’elle est là-haut, Victoria prend l’air, marche avec son fidèle serviteur John Brown à Braemar, où on peut d’ailleurs suivre un chemin de randonnée pour profiter de la même vue sur la campagne environnante. Alors tout s’organise autour de Victoria : le Royal Deeside Railway, la voie ferrée qui connectait alors Aberdeen et Braemar, et puis la distillerie Royal Lochnagar, qui bénéficie d’un « royal warrant », un certificat offert aux fournisseurs officiels de la famille royale, depuis la première visite de Victoria en 1848.

8
Braemar – en compagnie de la reine et John Brown
Ce village de la région de la Royal Deeside, abritait, à l’époque, la gare qui permettait à Victoria d’arriver en train. Aujourd’hui, on peut y vivre sa meilleure vie de touriste victorien et suivre une petite promenade, suivant l’itinéraire préféré de la reine et de son serviteur John Brown.
9
Le Loch Katrine – un lac empreint de souvenirs
Pour finir ce petit tour d’horizon, il faut s’arrêter au bord du loch Katrine et imaginer la reine, alors plus âgée, se tenir là lors de l’inauguration du barrage qui permettra de faire venir l’eau douce jusque dans les rues de Glasgow. A-t-elle pensé à Walter Scott et son célèbre poème, La Dame du Lac ? Avait-elle déjà entendu l’Ave Maria de Franz Schubert, écrit sur les bords du Lac Katrine ? Moi, en tout cas, je la sens s’extasier des beautés des montagnes des Trossachs lorsque je me promène au bord de ce lac si symbolique.

Après un tel voyage, vous et moi, c’est sûr, on se sent comme la reine Victoria : tristes de rentrer à la maison, mais impatients de revenir en Écosse.