Andros, l’île verte de la Grèce

  • 7 min
  • Mis à jour le : 21 mai 2026
  • Par Dimitrios Machairidis

Cet article est antécédent à 2022

Andros, deuxième plus grande île des Cyclades – après Naxos – avec ses 383 km² de superficie, est surtout l'une des plus fertile et des plus verte. Paradis des randonneurs, des passionnés d'art et des épicuriens, elle se distingue par son architecture de maisons néoclassiques aux toits de tuiles et non de maisons blanchies à la chaux qui font l'image de carte postale de l'archipel. Je vous invite aujourd'hui à découvrir celle que l'on appelle l'île des armateurs, loin de l'animation de Mykonos.

Andros, la « Belle-île » grecque

Comment aller sur l'île d'Andros ?

Rien de plus simple ! Un trajet de deux heures en ferry depuis le port de Pirée d'Athènes et vous êtes à Gavrio, le port principal de l'île. Andros se divise en trois petites régions bien distinctes, que l’on peut découvrir lors d’un road trip dans les Cyclades du Nord :

  • L'ouest, autour de Batsi, un village agréable relié par une très belle route à Paléopolis, la capitale antique de l’île ;
  • L'est, autour de la Chora, capitale d’Andros et une visite incontournable lors d’un séjour sur l’île ;
  • Le sud et la région de Korthi, une vallée luxuriante abritant de nombreux villages tous aussi charmants les uns que les autres.

Chaque région a sa propre identité et une aversion certaine pour ses voisines. Les Andriotes répètent souvent que « rien n’oblige quiconque à parler aux gens qu’ils n’aiment pas ». Paradoxalement, l'entente est meilleure avec les visiteurs qu'avec les voisins.

Entre vallées, sources d'eau, large réseau de sentiers pédestres et plages sauvages, l'île accueille les visiteurs à la recherche d'une riche diversité de paysages. Et parmi toutes les iles grecques, Andros est par ailleurs l’une de celles qui présente le plus riche patrimoine artistique et culturel. Forte d’une longue tradition maritime, elle abrite de nombreux musées et fondations d’art créés par des armateurs grecs qui restent omniprésents sur l’ile (et nourrissent la réputation un peu snob d’Andros).

Un peu de mythologie

Depuis l’antiquité les Andriotes sont des grands navigateurs. Au XIXe siècle, ils étaient parmi les premiers en Grèce à remplacer leur flotte de bateaux à voiles par des bateaux à vapeur.

À cette époque, les habitants d'Andros ont de grandes ambitions : faire de la Chora, la capitale de l'île, un grand centre maritime et commercial, « Mia mikri Anglia » (littéralement une petite Angleterre) en bref, un équivalent de la City de Londres. Dès le début du XXe siècle, les armateurs d'Andros prennent conscience de leurs limites et ceux qui rêvaient d'un nouveau Londres au cœur de la mer Égée, déménagent… en Angleterre.

La Chora est néanmoins une ville florissante. Les armateurs de l'île d'Andros contrôlent alors presque un quart de la flotte grecque. Et c'est en ce début de siècle que les élégantes demeures néoclassiques furent construites, faisant de la Chora l'une des capitales les plus charmantes de la mer Egée. La maison de retraite pour marins, la préfecture, la mairie, la bibliothèque Kaïrios, la fondation Kidonieos ont toutes été construites grâce aux donations des riches familles de l’île.

Hydroussa, l’« île humide »

Les nombreuses sources d’Andros lui ont valu le surnom d'Hydroussa, l'« île humide ». Les sources sont partout et étaient autant de points de rencontre pour les Andriotes pendant des siècles. Les plus impressionnantes se trouvent à Menites, entre la Chora et le village Pitrofos, et à Aidonia, où elle assure l'approvisionnement en eau des nombreux vergers. Cette eau de source, vous pouvez la goûter ! Elle est notamment commercialisée sous la marque « Sariza », en vente dans toutes les tavernes, les supermarchés et les kiosques.

Que faire à Andros ?

Chora, capitale d'Andros

Le matin, j'adore me balader et lorgner sur les pâtisseries artisanales dans les devantures de la jolie ruelle de pavé qui relie la place centrale à la place Kaïri. C'est une jolie promenade commerçante et surtout la plus vieille zone piétonne grecque, construite en 1902.

Sur la place Kaïri se trouve une fontaine de l’époque ottomane et autour de la place les deux grandes donations de la fondation Basil et Elise Goulandris : l’édifice moderne du musée archéologique de Chora et le musée d’art contemporain d’Andros. Je prends les escaliers à droite (en descente !) pour aller admirer l’église de La Vierge Marie Théosképasti, qui serait considérée comme une protectrice de l'île. Depuis la vaste cour, je profite un peu de la vue magnifique sur la belle plage de Paraporti.

Mon chemin continue jusqu'à la place du Marin-Inconnu. À ma droite se trouve l’église catholique de Chora, témoignage de la présence vénitienne du XVe au XVIe siècle. Les maisons des maîtres cohabitent avec les maisons des capitaines, des marins et des commerçants de l’île. Baroque, belle époque, art-nouveau, éclectisme ou néoclassicisme, les différents styles architecturaux des maisons créent une riche diversité pour les amoureux d'architecture.

Sur la place du Marin-Inconnu se trouve le musée maritime d’Andros, minuscule par sa taille, il est cependant riche d'une belle collection d'archives et de modélisme de bateaux de commerce. Pour finir cette découverte en beauté, direction les tavernes sur la plage et leurs délicieux mezzés, des petits plats typiques qui accompagnent parfaitement un verre d’ouzo.

Mes recommandations depuis Chora

Au cours d'un voyage dans les Cyclades, la Chora, sur la côte est de l'île d'Andros est certainement à faire. Pour aller se baigner dans un décor de carte postale, je recommande sans hésiter la plage d'Achla, accessible par un beau sentier (assez sportif) et surtout déserte. Dans les montagnes, c'est un paysage plus austère qui vous attend. Depuis Chora, il faut grimper – en voiture ou à pied – quelques lacets pour accéder au monastère de Panachrantos. Ici, on ne croise que moines et aigles, les seuls habitants des lieux. Mais on est accueilli chaleureusement avec un café grec et un loucoumi avant d'aller visiter la petite église du monastère, riche de jolies icônes byzantines.

Batsi : un balcon sur la mer Égée

Batsi, accroché à une colline, fait face à la mer. Son petit port de pêche et son bord de mer sont joliment aménagés. Je m'offre une soirée au restaurant Mastello, où j'ai pu goûter une délicieuse salade de crabes. Après le dîner, je prolonge la soirée avec un cocktail au bar Capriccio.

Au petit matin, rendez-vous au musée archéologique de Paléopolis au sud du Batsi, qui complète bien la visite du musée archéologique de Chora. Paléopolis est une ancienne acropole habitée à l’époque néolithique (du VIIe siècle avant J.-C. au VIIe siècle après J.-C.). Située au centre de l’île, le village éponyme offre une vue imprenable sur la mer Égée. Je conseille de réserver une place au restaurant bien nommé le balcon de l’Égée.

Les rochers ne sont jamais loin autour de Batsi… tout comme les petits villages de montagne. Je décide d'aller à Arni, un village à 500 mètres d'altitude dans les montagnes de Kanavas, un peu plus au nord. C'est l'un des plus anciens villages de l'île, entouré de chênes, de sources d’eau et de cascades. Les sentiers me conduisent entre vignes et vergers, le bleu éclatant des belles plages de l'île d'Andros au loin.

D'ailleurs, l'une des plus belles plages d'Andros, se trouve à mi-chemin entre Gavrio et Batsi. Il s'agit de la plage de Kyprianos (Agios Kyprianos). Un peu sauvage, une eau cristalline, du sable fin et des galets, de jolis poissons à observer, des rochers pour se mettre à l'ombre… rien que d'en parler, j'ai envie d'y retourner.

Vue depuis le monastère de Panachrantos à Andros, île des Cyclades
Vue depuis le monastère de Panachrantos © Julien Paturaud
Korthi est un adorable village situé au sud de Andros, île des Cyclades
Korthi est un adorable village situé au sud de Andros. © Julien Paturaud

Korthi entre villages et restaurants

Après Batsi, je prends la route vers la région de Korthi, à seulement quelques kilomètres au sud, toujours sur la côte ouest. Premier arrêt au village Kaparia, précisément à la pâtisserie de Bakelas, pour goûter aux meilleures glaces de l’île d'Andros. Je continue vers le village Aïdonia. Pour échapper aux Sarrasins qui attaquaient les îles des Cyclades en mer Égée, il fut construit sur un rocher, le rendant presque invisible depuis la mer. Les rues sont étroites, dissimulant plein de déviations pour que les habitants du village puissent s'y cacher en cas d’invasion. Mon dernier arrêt : la baie de Korthi Yialos. Tout près, la taverne Lithodomi régale avec d'excellents beignets aux tomates et aux courgettes.

La cuisine andriote

Dans la plupart des tavernes d’Andros les produits sont frais et locaux. Les courgettes, les aubergines, les tomates, l'huile d'olive et la viande bovine et de porc viennent des jardins et des petites fermes de l'île. Mais la vedette culinaire locale incontestée est la fourtalia : une gigantesque omelette faite sur une poêle démesurée avec une douzaines d'œufs, des pommes de terre, des herbes et des morceaux du porc appelés siglina. Le secret de la recette se joue sur le temps de cuisson et le mélange d'herbes utilisé.

Je profite des derniers moments d'Andros avant de rejoindre Gavrio. Il est l'heure de dire au revoir et de reprendre le ferry direction Athènes.