La faune des parcs canadiens en clair

  • 7 min
  • Publié le : 9 juillet 2026
  • Par Maëlys Goubelet

Si certains espèrent ne pas croiser d’ours sur un chemin de randonnée canadien, d’autres scrutent de (très) loin les sous-bois, jumelles en main, prêts à saisir l’instant. Si vous faites partie de ces derniers, vous êtes au bon endroit au Canada. Les parcs nationaux rassemblent près de 80 000 espèces ; dont les emblématiques ours, orignaux, caribous, castors et baleines. Quel parc choisir pour maximiser ses chances d'observer ces animaux sauvages, à quel moment de l’année partir et surtout comment rester en sécurité sans déranger les animaux ? Petit guide sur la faune sauvage du Canada.

Ours noirs et grizzlis : les stars des parcs

Comment évoquer la faune canadienne sans penser aux ours ? Peuplé d’ours polaires, d’ours noirs et de grizzlis, le Canada est l’un des rares territoires au monde où observer une telle diversité d’ursidés.

Apercevoir un ours en toute sécurité

L’observation d’ours se fait nécessairement en compagnie d’un guide expérimenté, car bien qu’ils ressemblent à de grosses peluches, les ours restent des animaux sauvages imprévisibles. Lors d’une balade seul, si votre chemin rencontre celui d’un ours, gardez en tête les recommandations de Parcs Canada pour réagir calmement et éviter tout danger.

Dans quels parcs canadiens vivent les ours ?

Composition de trois photos sur les ours noirs et grizzlis. En haut à gauche, un homme au premier plan observe des ours au loin avec ses jumelles. En haut à droite, un ours noir prend la pause. En bas, des oursons grizzlis grimpent en haut d'un pin.
En Colombie‑Britannique, certains ours noirs sont… blancs, ce sont les célèbres ours Kermode, ou Spirit Bears. © Xavier Popy/Haytham-Réa - © Paul/stock adobe - © Destination Canada

Les quelque 380 000 ours noirs du Canada se rencontrent dans la plupart des provinces. En Alberta, le parc national de Jasper, dans les Rocheuses canadiennes, abrite une forte densité d’ours noirs et de grizzlis, en raison de ses forêts denses et ses prairies humides. Au Québec, dans le parc national de La Mauricie, ils sont plus timides et petits que leurs cousins de l’Ouest.

Quand sortent les ours de leurs tanières ?

Du grizzli et de l’ours noir, le dernier est le plus facile à voir lors d’une excursion guidée. Juin et juillet restent le meilleur moment, lorsqu’ils descendent dans les vallées pour chercher de la nourriture.

En août et septembre, c’est la saison du saumon pour les grizzlis des parcs côtiers de Colombie-Britannique.

D’octobre à avril, en pleine période d’hibernation, il est rare d’en croiser.

Orignaux et caribous : les géants discrets du Canada

Orignal, wapiti ou caribou ? Tous trois appartenant à la famille des cervidés, il n’est pas forcément évident de les différencier. Manon a peut-être quelques conseils à vous prodiguer. À vous maintenant de les repérer lors de votre voyage au Canada.

Composition de deux photos sur les caribous et orignaux. À gauche, un orignal adulte sans bois et un petit. À droite, une affiche « WARNING, do not feed the moose », signifiant « Attention, ne pas nourrir les orignaux »
Les bois des orignaux adultes tombent en général à l'automne, pour repousser l'été d'après. © Wirestock -/iStock - © Commission canadienne du tourisme

Dans quels parcs apercevoir les caribous et les orignaux ?

Pour avoir la chance d’observer des caribous, privilégiez le parc national de la Gaspésie au Québec, le parc national des Glaciers à l’ouest et les régions plus nordiques du Canada : Wapusk, Wood Buffalo, plateaux du Labrador.

Les orignaux, eux, se rencontrent dans les vallées de Jasper, les forêts de Gros-Morne, à Terre-Neuve-et-Labrador, et d’Algonquin au sud, ou les paysages côtiers de Forillon à l’est.

Quelle période choisir pour les voir ?

La meilleure période pour apercevoir ces animaux sauvages est de mai à octobre, en particulier à l’aube et au crépuscule.

Pendant les périodes de migration, au printemps et à l’automne, des caribous peuvent être visibles au bord des routes dans le nord du Canada.

Comment approcher un caribou ou un orignal sans les déranger ?

En silence, à l’aube ou au crépuscule. Un orignal peut charger s’il se sent menacé, surtout en période de rut à l'automne : on garde ses distances, au minimum 30 mètres (3 autobus).

Castors : les ingénieurs des forêts canadiennes

Présent sur d’innombrables emblèmes héraldiques, symbole officiel du Canada et figure essentielle pour les autochtones bien avant l’arrivée des colons, le castor demeure aujourd’hui l’un des animaux sauvages les plus emblématiques du pays.

Composition de deux photos sur les castors. À gauche, un barrage de castors dans le parc national de La Mauricie. À droite, un castor ronge une branche.
© Aurélien Brusini/ hemis - © Ayesha/stock adobe

Où voir un castor dans les parcs nationaux ?

Le castor habite essentiellement les régions forestières des parcs nationaux du Canada. Ceux de la Jacques-Cartier, La Mauricie et d’Aiguebelle, au Québec, seront parfaits pour chercher les barrages et peut-être observer un bout de queue écailleuse pendant votre road-trip en famille depuis Montréal. En Alberta, les lacs Vermilion de Banff et les rivières de Jasper offrent aussi de belles opportunités.

Le barrage de Wood Buffalo

Au milieu du plus grand parc national du Canada, en Alberta, loin de l’agitation humaine, les castors ont construit le plus grand barrage du monde. Long d’environ 775 mètres (ou sept terrains de football), il retient les eaux venant des monts Birch, représentant aujourd’hui une retenue de 70 000 m² d’eau, soit l’équivalent de 1 600 patinoires de hockey ! Il est si large qu’il est visible depuis l’espace.

À quelle période peut-on apercevoir un castor ?

Les meilleures moments pour voir un castor sont le printemps et l’été, notamment à la tombée de la nuit (la brunante en québécois), lorsqu’ils sortent réparer leurs constructions ou transporter des branches.

Comment observer les castors ?

Pour observer les castors, mieux vaut ne pas faire de bruit près d’un étang, d’une rivière ou d’une zone humide et rester à bonne distance pour ne pas les déranger. Leurs barrages sont souvent plus visibles qu’eux.

Baleines, phoques et faune marine : le spectacle du Pacifique et de l’Atlantique

Orques, baleines, phoques, bélugas – surnommés les « canaris des mers » – et rorquals baignent dans les eaux du Pacifique et de l’Atlantique, sans oublier le saumon sauvage, cher aux grizzlis, et les immenses bancs de harengs.

Où voir la faune marine au Canada ?

Pour admirer la faune marine, on se tourne vers les fjords de Haida Gwaii, tout à l’ouest, les baies protégées de l’île de Vancouver, les falaises du Cap-de-Bon-Désir ou les eaux profondes de Tadoussac au Québec, où baleines à bosse, rorquals communs et bélugas viennent se nourrir.

Composition de trois photos sur la faune marine des parcs nationaux du Canada. En haut à gauche, un phoque gris sort la tête de l'eau. En haut à droite, un homme photographie la mer. En bas, une baleine à bosse sort de l'eau spectaculairement.
© Jean-Christophe Lemay/Tourisme Gaspésie - © Xavier Popy/Hayyham-Réa - © Elissa Title/stock adobe

Les phoques, eux, se laissent observer sur les rochers de Forillon, dans les lagunes des Îles de la Madeleine ou depuis les rivages du Bas-Saint-Laurent, où se trouve le parc national du Bic, tandis que les orques patrouillent dans les détroits de la Colombie‑Britannique à la recherche de saumons et de lions de mer.

Quand explorer les côtes ?

L’été demeure la meilleure saison pour apercevoir baleines, rorquals et orques. Au mois de septembre, un pic d’activité des mammifères marins se ressent dans les parcs nationaux du Saint-Laurent.

Les phoques peuvent être vus toute l’année, mais l’été est idéal pour les voir lézarder au soleil.

Comment apercevoir les baleines et phoques du Canada ?

Comme pour les animaux terrestres, on prend ses distances. Il est recommandé de les observer depuis les côtes, où plusieurs points d’observation sont établis. Sur l’eau, on choisit d’observer autrement les baleines, rorquals et bélugas, en kayak ou à bord d’un bateau naviguant à vitesse réduite. L’essentiel est de respecter strictement les distances réglementaires.

Oiseaux emblématiques : bernache, harfangs des neiges et mésangeais

Des côtes de la Colombie-Britannique aux forêts boréales du Québec, rapaces, migrateurs et oiseaux emblématiques du Canada veillent depuis le ciel.

Où voir ces oiseaux ?

Les bernaches du Canada se rencontrent partout dans le pays, en particulier autour des lacs et rivières. Les parcs nationaux de Jasper et Banff des Rocheuses offrent d’excellentes conditions pour les observer.

Le mésangeai du Canada fréquente les forêts du Québec, de l’Ontario et de l’Alberta.

Le harfang des neiges se trouve dans la toundra du Nunavut et les plaines du Manitoba en été, puis descend vers les îles du Saint‑Laurent en hiver.

Quand peut-on en apercevoir ?

Pour observer les Bernaches du Canada, ne manquez pas les migrations spectaculaires en grands V dans le ciel printanier et automnal. Les Mésangeais du Canada sont observables en toutes saisons et particulièrement actifs en automne et en hiver le long des sentiers forestiers. Les Harfangs des neiges s’observent en été dans l’Arctique et en hiver plus au sud.

Comment les observer ?

Les jumelles sont indispensables pour l’observation d’oiseaux. Le Mésangeai est curieux et sociable et s’approche souvent des marcheurs. Pour les Harfangs, plus farouches, scrutez les zones dégagées avec patience.

Quelques conseils à garder en tête

Avant de partir en balade, consultez le site institutionnel Parcs Canada pour respecter la faune et être en sécurité.